Les PME disposent de deux outils obligataires pour se financer
Face à la raréfaction du crédit bancaire, PME et ETI se tournent vers le marché obligataire. Faute de pouvoir émettre directement sur le marché en raison de la faiblesse des montants à lever, ces entreprises ont choisi la voie de la mutualisation. En quelques jours, les deux opérations attendues depuis de très nombreux mois ont enfin été officialisées.
La semaine dernière, le Giac, groupement de PME, a annoncé avoir rassemblé 80 millions d’euros d’engagements pour son fonds commun de titrisation (FCT). Vendredi soir, MiddleNext annonçait le succès du lancement du FCP obligataire Micado pour plus de 60 millions d’euros, tout en espérant atteindre 80 à 100 millions d’ici au 30 octobre, fin de la période de commercialisation. Des montants très décevants par rapport aux ambitions premières des initiateurs, 250 millions pour le Giac, et 300 millions pour Micado. De fait, les investisseurs, essentiellement des assureurs, ne se sont pas bousculés pour prendre des tickets.
Groupe Agrica, l’Auxiliaire, BNP Paribas, CCR, Société de Gestion Prevoir et UMR ont souscrit ensemble pour plus de 60 millions d’euros dans Micado. Pour sa part, le FCT du Giac émettra des obligations prioritaires (notées Aa3 et A3) souscrites par Natixis et Neuflize Vie, des obligations mezzanines souscrites par CDC Entreprises et cinq caisses régionales d’épargne (bénéficiant d’une garantie d’Oséo), et des parts subordonnées souscrites par le Giac.
Grâce à ces deux montages, les entreprises participantes – nécessairement cotées pour Micado, cotées ou non pour le FCT du Giac – devraient minimiser leur coût de financement. Il ressort à 5,60% au-dessus de l’Euribor dans le cadre du FCT. Un coût «très compétitif par rapport aux rendements demandés par un investisseur en haut de bilan», confie Alain Philbert, président du Giac (lire L’Agefi Hebdo du 27 septembre). Pour Micado, le coût s’étagerait entre 5 et 8%. En effet ce fonds obligataire à horizon écarte la mutualisation des risques, en raison de la différence de qualité de crédit entre les émetteurs (de A- à B dans le projet initial).
Du côté des investisseurs, ils devraient bénéficier d’un rendement de 5 à 6% sur six ans pour Micado, tandis que les obligations d’entreprises souscrites dans le cadre du Giac offrent un coupon Euribor 3 mois + 3,05% sur dix ans.
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