Les pétroliers européens sont touchés de plein fouet par les risques géopolitiques
La baisse récente des cours du brut en dessous de 90 dollars par baril est d’autant plus dommageable pour les groupes pétroliers européens qu’ils sont confrontés à des risques géopolitiques encore plus importants que leurs homologues américains. La volonté expansionniste de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, qui a déclenché une intervention militaire occidentale, devrait entraîner une modification profonde et durable des conditions d’exploitation des ressources pétrolières pour l’ensemble des acteurs présents dans la région.
Mais ce sont les grandes compagnies européennes du secteur qui apparaissent comme les plus exposées aux sanctions économiques mises en place contre la Russie, suite aux tensions grandissantes avec son voisin ukrainien.
Ces difficultés se combinent à une demande qui devrait rester mal orientée en Europe compte tenu de l’évolution de la conjoncture, relevait Fitch lors d’une récente réunion organisée à Paris. Cela concerne particulièrement le raffinage dont les capacités d’utilisation «sont bien inférieures au taux moyen proche de 90% constaté sur les dix dernières années» dans la région. La rentabilité des raffineurs européens s’est néanmoins légèrement améliorée cette année suite au repli des cours du brut utilisé comme matière première, à la fermeture de certains sites ou à la conversion d’autres raffineries en centres de stockage.
La restructuration des activités de raffinage et de distribution toujours à l’œuvre au sein des groupes pétroliers européens intégrés n’a cependant pas produit tous ses effets positifs en raison de volumes de production globalement étales depuis plusieurs années. La hausse des investissements effectuée par de nombreux intervenants comme BG Energy ou Total depuis cinq ans n’a pas permis jusqu’ici de mettre fin à ce manque de dynamisme.
A court terme, «en l’absence d’un engagement clair de l’Opep, et particulièrement de l’Arabie Saoudite, en faveur d’une baisse de la production de pétrole brut pour l’ensemble des pays membres de l’organisation, nous ne pouvons exclure une chute des cours du Brent vers les 85 voire 80 dollars», jugent les analystes de HSBC. Ce mouvement serait renforcé par une poursuite de l’appréciation du dollar vis-à-vis de l’euro. Ils estiment enfin que la prochaine réunion de l’Opep prévue fin novembre «sera dominée par la perspective d’une demande de brut bien moins importante pour l’année 2015 comparativement à 2014».
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