Les petites entreprises reconstituent progressivement leur niveau de marge

Selon l’Insee, ce sont les seules à avoir vu leur marge progresser sur l’année 2011 pour n'être plus qu'à trois points de leur niveau de 2007
Patrick Aussannaire
Photo: PHB
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Les marges des entreprises françaises peinent toujours à retrouver leurs niveaux d’avant la crise. En effet, selon la dernière enquête réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de marge global ressortait à 27,5% sur l’année 2011 pour l’ensemble des secteurs étudiés, hors agriculture et services financiers. Après avoir fortement chuté en 2009, les taux de marge sont ensuite repartis à la hausse, avant de marquer une pause avec un léger recul sur l’année 2011.

Si le secteur de l’industrie, qui concentre plus de 25% de la valeur ajoutée aux coûts des facteurs (VA), dégage une marge moyenne de 27,3% en ligne avec le taux global, celle des autres secteurs varie entre 19% et 27%. L’information et la communication, ainsi que les activités immobilières, qui pèsent respectivement 8,5% et 4,3% de la VA totale, font figure d’exception avec des taux de marge sensiblement plus élevés que la moyenne, de 37,4% et 70,7%. En revanche, la construction ainsi que l’hébergement et la restauration sont les secteurs qui enregistrent les marges les plus faibles, de 19,4% et de 22,4%. Dans ce contexte, l’Insee précise que «seuls les secteurs de l’immobilier et des transports et entreposage ont retrouvé un taux équivalent ou supérieur à ceux de 2007».

Les entreprises de moins de dix salariés dégagent les marges les plus fortes de 39%, contre 19% pour les entreprises de 10 à 249 salariés et 26% pour celles de plus de 250 salariés, dans la mesure où les petites sociétés se servent de leurs marges pour rémunérer les dirigeants. Ces entités ont d’ailleurs été les seules à voir leur marge progresser sur l’année 2011 pour n’être plus qu’à trois points de leur niveau de 2007, qui atteignait 42%.

L’Institut rappelle cependant qu’«un taux de marge élevé résulte en général de la mise en œuvre d’un capital d’exploitation important; il n’implique pas nécessairement une rentabilité économique forte mais sert à financer les investissements». Ainsi, le secteur industriel, caractérisé par un taux de marge de 27% et un taux d’investissement de 23%, dégage une rentabilité économique de seulement 7%.

Dans le même temps, le secteur de la construction, avec un taux de marge et d’investissement de respectivement 19% et 10%, arrive à dégager une rentabilité économique de 21%, bien plus forte que la moyenne de 9%.

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