Les petites capitalisations cherchent à renouer le fil avec les investisseurs

Même si leurs valorisations se sont normalisées, les «small caps» profitent toujours moins du rebond des marchés que les grandes valeurs
Olivier Pinaud

L’afflux de liquidités sur les marchés actions ne profite pas équitablement aux différents segments. Si le CAC 40 a repassé la semaine dernière le seuil des 4.000 points, soit une hausse de 33% en un an, les petites capitalisations ont, elles, plus de mal. L’indice CAC Small n’a progressé que de 12% au cours des douze derniers mois.

Le décalage est identique sur une période de trois ans, signe que les investisseurs sont encore réticents à revenir sur ce type de valeurs qu’ils ont brutalement, et parfois arbitrairement, abandonné.

«Même si les fonds spécialisés en valeurs moyennes se sont un peu raréfiés depuis le début de la crise en 2008 et malgré le rétrécissement des poches des sociétés de gestion dédiées à ce segment, il existe toujours des investisseurs à la recherche de ces valeurs de niche et en croissance», veulent néanmoins croire Harold de Decker et Raphaël Hoffstetter, responsables de la cellule Nextcap spécialement montée par Oddo en 2009 à Lyon pour suivre les valeurs de moins de 200 millions d’euros de capitalisation boursière.

«En 2009-2010, après la sortie massive des investisseurs de ce segment, certaines petites sociétés rentables pouvaient capitaliser moins que leur trésorerie nette. Aujourd’hui, la situation s’est normalisée, avec des valorisations qui reflètent mieux la stratégie de l’entreprise et ses fondamentaux», explique Raphaël Hoffstetter. Une cinquantaine de valeurs sont actuellement suivies.

L’objectif de cette structure vise donc à recréer le lien entre les émetteurs et les investisseurs, en espérant initier par la suite des services de financement ou de conseil. La semaine dernière, Oddo a ainsi permis à différents types d’investisseurs, sociétés de gestion, FCPI ou family offices de rencontrer en tête à tête les dirigeants d’une vingtaine de sociétés, pour la plupart familiales, et à la recherche d’actionnaires susceptibles d’accompagner leur développement.

«Les dirigeants sont encore prudents. L’environnement économique reste difficile. Mais leurs discours ne sont plus focalisés comme en 2009 sur la réduction des coûts fixes ou la restauration du bilan. Les sociétés recommencent à parler de projets à moyen terme», indique Harold de Decker.

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