Les pertes pour impayés atteignent 360 milliards d’euros en Europe
Les signes de reprise constatés en Europe n’ont pas eu d’effets positifs sur les défauts de paiement dans la région, montre la 14e édition de l’étude «European Payment Index» d’Intrum Justitia, société d’origine suédoise spécialisée dans la gestion du poste client. Réalisée à partir d’une enquête conduite au premier trimestre 2014 auprès de 10.000 dirigeants d’entreprises dans 33 pays, l’étude fait état de pertes pour créances irrécouvrables atteignant 360 milliards d’euros sur l’exercice 2013, soit 3,1% de leur chiffre d’affaires contre 3% un an plus tôt.
Ce taux global, qui a augmenté pour la huitième année d’affilée, culmine désormais à 10% en Grèce et en Croatie, contre 1,6% pour la Finlande, pays le plus vertueux de l’échantillon, et 2,1% en France où il était resté stable à 2% depuis 2011. On notera que 40% des chefs d’entreprise du Vieux Continent (39% des dirigeants français) ont indiqué ne pas être en mesure de créer de nouveaux emplois «en raison d’un manque de liquidités découlant du poste de créances douteuses». De leur côté, les délais de paiement ont légèrement diminué d’une année sur l’autre, ramenés de 49 à 47 jours pour les transactions inter-entreprises et de 61 à 58 jours pour le secteur public.
Mais 46% des dirigeants européens interrogés (contre 45% voici un an) estiment que les risques d’impayés devraient s’accroître au cours des 12 prochains mois, cette proportion étant passée de 51% à 55% en France. Les pays d’Europe du Sud demeurent les plus pessimistes, particulièrement le Portugal (82%), la Grèce (74%) et la Roumanie (73%). Point préoccupant, la moitié des responsables européens (contre 45% dans la précédente enquête) se disent moins confiants pour obtenir un soutien financier de leur banque afin de développer leur activité.
La directive européenne sur les retards de paiement inter-entreprise et du secteur public, qui prévoit le paiement d’une indemnité de 40 euros par facture et un taux d’intérêt de 8% au minimum, n’est utilisée que par 27% des entreprises françaises, alors qu’elle est connue par 85% d’entre elles. Pour 47% des dirigeants français (contre 32% pour leurs homologues européens), le recours à cette disposition leur permettant de recouvrer les coûts afférents au non paiement à échéance «mettrait à mal voire détruirait les relations clients», tandis que 46% des responsables hexagonaux jugent cette législation inutile.
Plus d'articles du même thème
-
Intel prévoit une augmentation de capital de 15 milliards de dollars
Avec un cours multiplié par cinq depuis son plus bas de l’été dernier, Intel capitalise sur l’engouement pour l’IA. Il en profite pour conforter son bilan avec la vente de nouveaux titres. Une première depuis sa cotation en 1971. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres. -
Les agents immobiliers doivent repenser la prospection avec les nouvelles règles du démarchage
A compter du 11 août, les agents immobiliers ne pourront plus appeler librement les particuliers ayant mis leur bien en vente sur les sites d’annonces. Une interdiction qui pourrait transformer en profondeur les méthodes de prospection d’un secteur habitué au démarchage à froid.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
- HSBC récolte les fruits de sa stratégie en Asie
Contenu de nos partenaires
-
En apnéePrix des médicaments : l’Europe retient son souffle face à Trump
Le président américain ne décolère pas contre les différentiels de prix des produits pharmaceutiques entre les Etats-Unis et l’Europe, faisant planer la menace d'un affrontement -
En France, un financement des médicaments innovants au bord de l'implosion
L’Assurance maladie ne cesse d’alerter sur l’explosion des dépenses pour les médicaments innovants. Avec les pressions américaines sur les prix, les laboratoires trouvent un argument supplémentaire -
Les réseaux électriques européens à l'épreuve de l'éclipse solaire
Alors que l'énergie solaire représente entre 20 % et 25 % de la production d'électricité de l'UE pendant l'été, les gestionnaires de réseau européens se préparent depuis des mois à cette baisse éphémère de la production