Les opérations se multiplient dans les infrastructures de télécoms

Alors que TDF cherche à céder ses actifs français, American Tower reprend Global Tower pour une valeur d’entreprise de 4,8 milliards de dollars
Benoît Menou

Le secteur des exploitants de relais de télécommunications connaît une vive animation. En toile de fond, l’évolution technologique, particulièrement dans la téléphonie mobile avec le déploiement des réseaux de quatrième génération ou «4G», mais aussi la volonté des opérateurs télécoms de céder leurs actifs puis de les louer dans le cadre des lourds investissements consentis pour le développement des réseaux.

Vendredi, aux Etats-Unis, American Tower a ainsi annoncé le rachat, dont la finalisation est attendue au quatrième trimestre, de MIP Tower Holdings pour une valeur d’entreprise de 4,8 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros), tenant compte d’une dette de 1,5 milliard. Dans la foulée de cette annonce, le titre American Tower s’adjugeait en ouverture un gain de 3,3% à 71,05 dollars à New York.

La cible, détenue par un consortium au sein duquel un fonds d’infrastructures de la banque australienne Macquarie est majoritaire, est avant tout la maison mère de l’opérateur de relais de télécommunications Global Tower Partners (GTP). De quoi permettre à American Tower d’étoffer son portefeuille mondial de 15.700 sites supplémentaires aux Etats-Unis et au Costa Rica, en plus des 56.000 sites qu’il détient actuellement.

Le PDG d’American Tower, Jim Taiclet, s’est félicité de pouvoir grâce aux actifs de GTP tirer parti plus activement et durablement encore d’un marché prometteur pour lequel les principaux opérateurs mobiles (Verizon Wireless, AT&T, Sprint et T-Mobile US), qui sont ses clients, se sont engagés dans une course «agressive de plusieurs années». Le mois dernier déjà, le groupe basé à Boston a fait part de l’acquisition auprès de NII Holdings de 4.500 sites au Brésil et au Mexique pour 811 millions de dollars.

Le groupe américain avait été, selon Reuters, invité à participer cet été à la vente par TDF de ses actifs français. Le cédant n’aurait toutefois pas reçu d’offre conforme à l’exigence minimale de 4 milliards d’euros de la part d’actionnaires (TPG pour 42%, aux côtés du Fonds stratégique d’investissement, d’Axa Private Equity et de Charterhouse) confrontés à une dette de 3,8 milliards. Le fonds Dering Capital serait désormais, selon le Financial Times, le mieux placé, avec une offre proche de 3,8 milliards, si toutefois TPG et ses partenaires décident de poursuivre.

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