Les nouveautés fiscales votées par le Parlement pèseront sur les entreprises
Une fiscalité de plus en plus pesante. Dans le cadre des rencontres de l’association de gestion financière IMA France, Eric Quentin, avocat associé chez Hoche, est revenu sur les principales mesures de la loi de finances pour 2011 et de la loi de finances rectificative pour 2010, soulignant une «seule bonne nouvelle» : l’aménagement du régime des brevets. Pour les exercices ouverts en 2011, les redevances de concession de brevets d’entreprises liées seront soumises au taux réduit de 15%, et non plus au taux de 33,33%, sous la seule réserve d’une exploitation effective du brevet par l’entreprise concessionnaire.
Du côté des mauvaises nouvelles, Eric Quentin relève tous les dispositifs visant à limiter les abus d’optimisation fiscale. Notamment, l’extension du dispositif de sous-capitalisation aux intérêts afférents à des sommes dont le remboursement est garanti par une entreprise liée (lire L’Agefi du 4 janvier 2011). Et aussi, l’institution d’un sursis d’imposition en cas de plus ou moins-value à court terme de cession de titres de participation entre entreprises liées, afin d’éviter la contestation de pertes à court terme. «Un enjeu de plusieurs milliards d’euros», souligne Eric Quentin. Ce sursis prend fin deux ans après la date d’acquisition.
Avec le report de la suppression de l’imposition forfaitaire annuelle (IFA), due par les entreprises réalisant plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2014, l’Etat devrait engranger chaque année 400 millions d’euros.
Par ailleurs, des aménagements ont été apportés au crédit d’impôt recherche (CIR) permettant d’économiser 600 à 800 millions d’euros sur un dispositif qui coûte 4,5 à 5 milliards d’euros. Notamment, le taux majoré applicable pour les entreprises entrant dans ce dispositif est abaissé de 50% à 40% la première année, et de 40% à 35% la deuxième année. De plus, l’assiette des frais de fonctionnement retenue dans le CIR est réduite de 75% à 50% des dépenses de personnel, et accrue d’une somme égale à 75% des dotations aux amortissements.
Enfin, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) sera désormais calculée sur la base du chiffre d’affaires de l’ensemble des sociétés du groupe fiscal (1,5% de la valeur ajoutée à compter de 2011). Si l’Etat attend un rendement de 200 millions d’euros, Eric Quentin s’attend à beaucoup plus!
Plus d'articles du même thème
-
Restée périphérique dans le portefeuille de L’Occitane, la marque Elemis échoit à PAI Partners
Acquise en 2019 auprès de Steiner Leisure (L Catterton), Elemis n’a pas tenu toutes ses promesses de développement à l’international chez L’Occitane, qui opère un nettoyage de son portefeuille avant un possible retour en Bourse. -
Roche Bobois traverse une crise de gouvernance
Deux des trois administrateurs nouvellement arrivés au conseil de surveillance en juin dernier sur une proposition de TXR, deuxième actionnaire du groupe d’ameublement, ont démissionné en octobre. Ils ne seront pas remplacés. -
M6 retrouve la fréquence du succès et ravive les espoirs des investisseurs
Tiré par l'effet Coupe du monde de football, le groupe audiovisuel a signé son "meilleur trimestre historique" sur les cibles commerciales et son "meilleur trimestre depuis 25 ans sur l'ensemble du public". De quoi susciter un regard neuf des investisseurs. D'autant que les braises spéculatives sur son contrôle ne sont pas totalement éteintes.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
InfrapolitiqueJ'ai lu le glaçant Mini-manuel d’insurrection informationnelle qui inspire tant LFI
Au Brésil, la chaîne WhatsApp « Armée de Lula » a contribué à la victoire du président sortant. A quel prix ? Celui d'internautes considérés comme des « soldats », à qui il était demandé de suspendre leur « conscience critique » le temps d'une action sur les réseaux sociaux ? -
La Fabrique de l'OpinionMahasti Razavi, du cabinet Debouzy : « Ce qui freine l’innovation en IA, ce n’est pas la réglementation, ce sont les moyens »
Mahasti Razavi est Managing Partner d'August Debouzy, experte en droit des technologies de l'information. -
Parlez-vous design ?
Aujourd’hui, tout est « design ». Ce mot-valise devenu adjectif multiplie ses canaux d’expression et génère un vocabulaire contagieux, empruntant à tout-va jusqu’au vide absolu.