Les négociations sur l’avenir d’Edison se tendent à l’approche de la date butoir
Les négociations pour la réorganisation du capital d’Edison sont entrées dans leur dernière ligne droite. EDF et Delmi, qui détiennent via leur holding commun Transalpina de Energia (TdE) 61% du capital de l’électricien italien, doivent trouver un accord d’ici au 30 octobre. Mais dans ce dossier nébuleux, de nombreux points de discorde subsistent, au sein même de l’actionnariat italien d’Edison, comme l’a reconnu en milieu de semaine dernière Roberto Bazzano, le président de l'électricien Iren, l’un des actionnaires de Delmi.
Certains d’entre eux voudraient obtenir en échange de leur participation dans TdE la totalité d’Edipower, une ancienne filiale d’Enel tombée dans l’escarcelle d’Edison lors de la libéralisation du marché. D’autres préféreraient un paiement en numéraire à un prix de 1,5 euro par action Edison, soit la valeur comptable de leur participation. Une proposition qu’aurait rejetée EDF, selon Il Messagero. A 1,5 euro par action, la participation des actionnaires italiens dans Edison est estimée à un peu plus de 2,3 milliards d’euros. Or, vendredi, le cours de l’action Edison valait 0,94 euro.
EDF s’en tient donc à l’accord qui avait été conclu en mars avant que le gouvernement italien ne le bloque, inquiet des conséquences qu’aurait pu entraîner la vente d’Edison à un groupe français en pleine «affaire d’Etat» du rachat de Parmalat par Lactalis. Négocié aux forceps, cet accord prévoyait qu’EDF reprenne la part de 50% dans TdE en échanges des actifs hydroélectriques d’Edipower. Henri Proglio, le président d’EDF, s’est rendu en Italie début septembre pour discuter de l’application de l’accord avec le ministre italien de l’Industrie. Ce dernier aurait finalement donné son feu vert.
Le groupe français se trouve quoi qu’il en soit en position de force. Si les actionnaires italiens ne se mettent pas d’accord d’ici au 30 octobre, il pourra dénoncer le pacte d’actionnaires en cours. Un processus de mise aux enchères des actifs de TdE, à savoir des actions Edison, serait alors ouvert. Ce qui, compte tenu de ses moyens financiers donnerait un avantage indéniable au groupe français face à l’actionnariat italien, composé d’entités publiques et de collectivités locales. Fitch a prévenu vendredi qu’en l’absence d’accord entre les actionnaires italiens il envisagerait d’abaisser la note d’Edison, actuellement à BBB-.
Plus d'articles du même thème
-
Oracle brave la conjoncture pour demander 20 milliards de dollars au marché
La société compte lever 10 milliards de dollars de dette et 10 milliards de dollars via des actions. Ces montants étaient connus, mais les dernières semaines ont rendu les investisseurs méfiants sur l’IA. -
La Turquie coupe des têtes après le scandale dans son industrie des fonds
Face à la crise provoquée par une affaire de fraudes et de manipulations de cours présumées impliquant plusieurs dizaines de fonds d'investissement, Ankara purge les sommets de sa finance et écarte des figures liées au pouvoir. -
La collecte des banques privées cotées françaises se grippe au troisième trimestre
À elles trois, BNP Paribas Wealth Management, Indosuez Wealth Management et Société Générale Private Banking ont collecté 5,6 milliards d’euros au troisième trimestre, contre 13,6 milliards au deuxième. Leurs revenus stagnent ou reculent sur trois mois, mais progressent d’environ 10% sur un an.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Come backPrésidentielle : qu'il se rase ou pas, Bruno Le Maire y pense très fort
Bruno Le Maire travaille discrètement, mais activement, à une candidature. Si les circonstances le permettent -
Les tendances du luxe d’ici 2030 et en quoi l’IA peut-elle le révéler
Continuité, fragmentation ou retour du sens ? Dans son nouveau livre « Le luxe à l’horizon 2030 » le consultant Yves Hanania dessine trois futurs possibles pour le luxe. Avec une conviction en toile de fond, celle que l’intelligence artificielle ne bouleversera pas le secteur, elle en sera le révélateur. -
Le style du pouvoir : quand les dirigeantes inventent leurs propres codes
A travers leurs vêtements, les femmes racontent une autre histoire du pouvoir, faite de quête de légitimité, de visibilité et d’affirmation de soi.