Les négociations sur l’avenir d’Edison se tendent à l’approche de la date butoir

Les actionnaires italiens sont divisés. Sans accord d’ici au 30 octobre, leur participation au capital sera mise aux enchères, ce qui profiterait à EDF
Olivier Pinaud

Les négociations pour la réorganisation du capital d’Edison sont entrées dans leur dernière ligne droite. EDF et Delmi, qui détiennent via leur holding commun Transalpina de Energia (TdE) 61% du capital de l’électricien italien, doivent trouver un accord d’ici au 30 octobre. Mais dans ce dossier nébuleux, de nombreux points de discorde subsistent, au sein même de l’actionnariat italien d’Edison, comme l’a reconnu en milieu de semaine dernière Roberto Bazzano, le président de l'électricien Iren, l’un des actionnaires de Delmi.

Certains d’entre eux voudraient obtenir en échange de leur participation dans TdE la totalité d’Edipower, une ancienne filiale d’Enel tombée dans l’escarcelle d’Edison lors de la libéralisation du marché. D’autres préféreraient un paiement en numéraire à un prix de 1,5 euro par action Edison, soit la valeur comptable de leur participation. Une proposition qu’aurait rejetée EDF, selon Il Messagero. A 1,5 euro par action, la participation des actionnaires italiens dans Edison est estimée à un peu plus de 2,3 milliards d’euros. Or, vendredi, le cours de l’action Edison valait 0,94 euro.

EDF s’en tient donc à l’accord qui avait été conclu en mars avant que le gouvernement italien ne le bloque, inquiet des conséquences qu’aurait pu entraîner la vente d’Edison à un groupe français en pleine «affaire d’Etat» du rachat de Parmalat par Lactalis. Négocié aux forceps, cet accord prévoyait qu’EDF reprenne la part de 50% dans TdE en échanges des actifs hydroélectriques d’Edipower. Henri Proglio, le président d’EDF, s’est rendu en Italie début septembre pour discuter de l’application de l’accord avec le ministre italien de l’Industrie. Ce dernier aurait finalement donné son feu vert.

Le groupe français se trouve quoi qu’il en soit en position de force. Si les actionnaires italiens ne se mettent pas d’accord d’ici au 30 octobre, il pourra dénoncer le pacte d’actionnaires en cours. Un processus de mise aux enchères des actifs de TdE, à savoir des actions Edison, serait alors ouvert. Ce qui, compte tenu de ses moyens financiers donnerait un avantage indéniable au groupe français face à l’actionnariat italien, composé d’entités publiques et de collectivités locales. Fitch a prévenu vendredi qu’en l’absence d’accord entre les actionnaires italiens il envisagerait d’abaisser la note d’Edison, actuellement à BBB-.

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