Les minoritaires de EDF Luminus s’opposent à une entrée en Bourse
Du rififi en perspective autour de l’introduction en Bourse de l’électricien belge EDF Luminus. La filiale du géant français EDF a annoncé la semaine dernière son intention de rejoindre Euronext Bruxelles avant la fin de l’année 2015. Avec pour objectif de disposer d’une flexibilité financière et stratégique accrue.
Un projet auquel se sont opposés les minoritaires, en votant contre lors du conseil du 13 mai, selon la presse belge. Entré fin 2009 chez Luminus, EDF détient 63,5% du capital depuis juin 2010, contre 36,5% pour les actionnaires historiques belges, les intercommunales wallonnes et flamandes (Publilec, Publilum, Socofe, VEH, Ethias et Nethys). «Nous nous sentons trompés. Une entrée en Bourse est contre l’esprit du pacte d’actionnaires, a déclaré Ludo Kelchtermans, représentant de Publilum, à L’Echo. Personnellement, je pense que nous pouvons aller devant les tribunaux. Un administrateur doit défendre les intérêts de l’entreprise.»
Selon le document de référence d’EDF, le pacte d’actionnaire d’avril 2010 définit un engagement de liquidité pour les minoritaires «pouvant se traduire sous certaines conditions à la main d’EDF, soit par une cession de leurs titres via une introduction en Bourse, soit par un rachat de leurs titres par [EDF] à un prix ayant des composantes variables». Le pacte prévoit deux fenêtres de liquidité, l’une en 2015, l’autre en 2018. Les minoritaires ont notifié en début d’année leur volonté de céder l’ensemble de leurs titres. Mais ils comptaient être rachetés par EDF. Or, ce dernier ne veut pas débourser plusieurs centaines de millions, et préfère imposer ainsi une entrée en Bourse, bien que les conditions de marché se tendent depuis un mois.
EDF valorise dans ses comptes 539 millions d’euros la participation des minoritaires, contre 648 millions en 2013. De fait, EDF Luminus a enregistré d’importantes pertes de valeur (586 millions en 2014 et 229 millions en 2013).
Si la filiale dispose de 20% du marché en électricité belge (et 17% du marché du gaz) avec 1,7 million d’abonnés, et une production de près de deux gigawatts, soit environ 10% de la capacité de production belge, elle veut surtout se renforcer dans l’éolien et dans les services énergétiques. Le groupe belge a réalisé 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014 pour un bénéfice net de 10 millions d’euros.
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