Les ministres européens de l’énergie se fédèrent sur le nucléaire
La rencontre entre les ministres de l’Energie européens, organisée à Stockholm lundi et mardi, met en évidence les divergences sur le futur énergétique de l’Union européenne (UE). Mardi matin, la ministre française Agnès Pannier-Runacher rassemblera ainsi douze de ses homologues pour bâtir une alliance destinée à défendre la place du nucléaire dans la transition énergétique. Les ministres italiens, suédois, et néerlandais, participeront notamment aux discussions.
Malgré l’opposition de l’Allemagne et de l’Espagne, la France a obtenu plusieurs avancées en 2023. L’hydrogène produit à partir d’électricité nucléaire est ainsi classé comme «bas carbone» par la commission énergie du Parlement européen. Surtout, la Commission européenne reconnaissait le 10 février que cet hydrogène pouvait être considéré comme renouvelable, dans certaines conditions. La production doit être située dans un pays où l’intensité des émissions d’électricité est faible (18 grammes d’équivalent CO2/MJ, un niveau que seules la France et la Suède atteignent). «Il faut appliquer cette logique à nos objectifs d’hydrogène renouvelable dans la directive RED3», avait alors rebondi Agnès Pannier-Runacher. La directive déterminera les objectifs de production d’énergie et d’hydrogène renouvelables pour l’UE d’ici à 2030. La France argue que la directive doit inclure l’hydrogène bas carbone, produit à partir de nucléaire (25% du mix électrique de l’UE), au risque sinon que les objectifs de production ne soient pas atteints.
Au cours du sommet suédois sera aussi discutée la réforme des marchés de l’électricité, pour laquelle la Commission européenne doit publier sa proposition le 14 mars. Le prix du mégawattheure est aujourd’hui fixé en fonction du prix de production des producteurs marginaux, qui sont souvent des générateurs au gaz, et l’envolée des cours de la matière première l’an dernier avait fait exploser les prix de l’électricité.
Plutôt qu’un découplage entre le prix spot et le coût marginal, envisagé dans un premier temps, la Commission semble s’orienter vers un mécanisme de contrats à long terme destinés à assurer un revenu minimal aux producteurs inframarginaux et offrir de la visibilité aux investissements. La vitesse à laquelle sera adoptée la réforme permettra de jauger de l’influence française : Paris espère une mise en place avant la fin de 2023, tandis que l’Allemagne plaide pour que la réforme soit prise après les élections européennes de 2024.
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