Les marchés prennent plus de place dans le financement des entreprises
Nous nous opposons à un rôle trop prononcé de la Banque européenne d’investissement (BEI), nous préférons que chaque équivalent européen de la Caisse des dépôts investisse dans ses entreprises nationales», a déclaré vendredi Pierre-René Lemas, le directeur général de la CDC, lors d’un déjeuner-débat organisé par L’Agefi au terme d’une demi-journée de tables rondes sur le financement en fonds propres des entreprises.
Mais au delà de l’action des investisseurs publics, de nombreux intervenants ont insisté lors de cet événement sur le rôle que les marchés peuvent jouer dans le financement des entreprises.
«Alors qu’aux Etats-Unis, le recours au marché représente 75% du financement des entreprises contre 25% de financement bancaire, nous nous retrouvons dans la situation inverse en Europe. Or, la situation doit changer, la nouvelle régulation bancaire pousse à la raréfaction du crédit, obligeant de facto les entreprises européennes à se tourner vers d’autres moyens de financement», a expliqué Anthony Attia, PDG d’Euronext Paris. Cependant, les marchés ne sont pas toujours accessibles si facilement : «il faut compter environ six mois de travail administratif pour qu’une PME puisse boucler son dossier d’introduction en Bourse et le délai est compris entre neuf et douze mois pour une ETI ou une plus grande entreprise», a rappelé Grégoire Sentilhes, président de NextStage.
Malgré cela, de nombreux intervenants ont vanté les mérites d’une introduction en Bourse. «Longues et fastidieuses», les contraintes administratives préliminaires sont toutefois vues par les PME comme une étape structurante pour leur organisation. «La confrontation avec des investisseurs très exigeants nous a permis de retravailler en profondeur le business plan et l’equity story. Il nous fallait être beaucoup plus précis dans notre travail stratégique», a confessé Jean-Marie Dura, directeur général délégué d’Ymagis.
«Les investisseurs peuvent être vus comme des consultants en entreprise qui ne coûtent rien et qui en plus investissent dans votre entreprise. Ils sont de mieux en mieux informés et permettent d’en apprendre plus sur son secteur d’activité, sur ses concurrents et sur soi-même grâce à un regard extérieur avisé», a appuyé Jacques Tierny, vice-président exécutif et directeur financier de Gemalto.
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