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Les majors du pétrole vont recourir à la dette pour payer leurs dividendes
Les majors du pétrole vont recourir à la dette pour payer leurs dividendes
La chute du prix du pétrole entaille la génération de cash-flows. Ces derniers ne suffiront pas à couvrir les investissements et les dividendes.
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Olivier Pinaud
S’endetter pour payer le dividende. Confrontées à la chute de 35% des prix du baril de Brent depuis le mois de juin, les compagnies pétrolières vont devoir se tourner vers leurs banquiers ou le marché obligataire pour soutenir leur politique de rémunération des actionnaires. Malgré la solidité financière des majors, «le momentum de résultat devient significativement négatif et les pressions sur les équilibres de financement pourraient, à l’instar de la précédente crise de 2009, mettre en risque les retours à l’actionnaire», préviennent les analystes de Natixis.
«Cinq des six compagnies intégrées europénnes affichent un rendement supérieur à 5% pour 2015, reflétant une partie des inquiétudes des investisseurs sur la soutenabilité du dividende», ajoute JPMorgan.
Les analystes de Deutsche Bank ont procédé à un exercice de «stress test». En cas de maintien du prix du Brent à 70 dollars en 2015, les cash-flows cumulés des sociétés européennes d’exploration-production chuteraient de 18% par rapport à l’estimation initiale des analystes de la banque allemande. Conséquence, à ce prix du baril de pétrole, les investissements programmés représenteraient près de deux fois les cash-flows disponibles. Intenable pour la majorité des groupes pétroliers.
Comme ils le font déjà pour beaucoup d’entre eux depuis 2011, les majors ont les moyens de financer ce déficit d’autofinancement par la dette. Le multiple de dette nette sur fonds propres du secteur européen ne sera que de 24% en moyenne selon Citigroup à fin 2014. Mais pour limiter la hausse de l’endettement, JPMorgan s’attend à une accélération des programmes de cessions d’actifs. Total s’est déjà engagé à vendre 10 milliards de dollars entre 2015 et 2017, en plus des 20 milliards cédés depuis 2012. Eni pour sa part prévoit de vendre pour 9 milliards d’euros d’actifs non stratégiques.
Les programmes d’économies devraient également être amplifiés. «Compte tenu de l’inflation des coûts de structure au cours de la décennie, il y existe une importante marge de manœuvre pour rationnaliser les charges», estime Citigroup. La banque rappelle qu’entre 1998 et 2001, précédent cycle baissier, les budgets d’exploration-production avaient été réduits de 15%. La même mesure permettrait d’améliorer de 200 à 400 points de base la rentabilité des capitaux du secteur selon Citi.
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