Les leaders de la grande consommation peinent à maintenir leurs marges
La dixième édition du baromètre du cabinet OC&C Strategy Consultants, qui analyse les résultats et les stratégies des 50 premiers fabricants mondiaux de produits de grande consommation, témoigne d’une poursuite de la croissance soutenue de leur chiffre d’affaires l’an dernier (+8,7% après +8,4% en 2010). Cette hausse est d’autant plus significative qu’elle provient essentiellement d’une composante organique qui atteint 6% contre seulement 3,8% l’année précédente.
Cette croissance interne a été appuyée par une hausse de 2,7% des volumes, identique à celle de 2010, mais aussi par une augmentation moyenne des prix de vente de 3,1% (contre +0,8% en 2010) «rendue nécessaire par la hausse des cours des matières premières», souligne le cabinet. Si la hausse des matières premières a contribué à stimuler leurs ventes, ces groupes ont éprouvé des difficultés à la répercuter aux distributeurs, qui de leur côté la transmettent aux consommateurs finaux.
La marge brute a ainsi baissé de 1,4 point de chiffre d’affaires, tandis que leur marge d’exploitation n’a perdu que 0,2 point à 15,8% grâce à une meilleure absorption des coûts de structure. Les coûts matières devraient demeurer élevés en 2012, un allègement étant cependant attendu au second semestre.
Alors qu’aucun changement majeur n’apparaît aux cinq premières places occupées par Nestlé, Procter & Gamble, Pepsico (+1 place), Unilever (-1 place) et Kraft Foods, on constate cinq entrées nouvelles dont trois (Nippon Meat Packers, Smithfield, Danish Crown) sont liées à l’inclusion dans le palmarès du secteur de la viande dont les marges sont faibles.
Les acquisitions opérées par ces «champions» de la grande consommation sont «à l’un des plus bas niveaux de la décennie en volume et en valeur», avec 19 transactions totalisant 25 milliards de dollars; presque la moitié de ce montant provient du rachat du brasseur australien Foster’s par le britannique SAB Miller. Contrairement aux trois années précédentes où les prédateurs avaient privilégié le renforcement de leurs positions existantes, la croissance externe a été essentiellement motivée par un besoin de diversification géographique. Cela vise à compenser une part de marché du Top 50 encore assez faible dans les Bric (environ 26%), particulièrement en Chine (17%).
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