Les investisseurs veulent plus de transparence sur la gestion des risques
Les directeurs financiers peinent à arbitrer leurs investissements entre économies matures et marchés émergents. Un dilemme d’autant plus important que «dans les dix ans qui viennent l’écart de croissance sera en moyenne de 3,5% par an entre économies développées et économies matures», rappelle Christophe Platet, associé Ernst & Young, co-auteur d’une récente étude mondiale du cabinet réalisée auprès de 750 responsables financiers et 250 investisseurs.
Le directeur financier doit gérer un équilibre difficile entre des marchés très différents en termes de profil rendement/risque, de réglementation locale, et d’horizons de performance. «Les retours sur investissements dans les pays en croissance sont parfois plus compliqués et plus longs que prévu, ajoute Christophe Platet. Or, l’Europe et les Etats-Unis continuent à être des vecteurs de revenus et de marge importante, ce qui rend les choix d’investissements complexes ». D’autant que les deux tiers des directeurs financiers interrogés estiment que le manque d’informations pertinentes et une transparence insuffisante rendent difficile l’arbitrage en faveur d’investissements dans les pays émergents.
Aussi, les entreprises doivent articuler clairement leur stratégie et en informer les investisseurs. Ces derniers ne se contentent plus des rapports annuels et exigent davantage d’éléments prospectifs, notamment sur les perspectives des marchés. Ils recherchent davantage de clarté sur les risques et sur les horizons de retour tant sur les marchés matures que ceux en croissance.
Les investisseurs interrogés «disent vouloir une information plus qualitative, en provenance aussi des directions locales et non uniquement du siège, poursuit Christophe Platet. Ils sont prêts à comprendre l’échec d’une stratégie d’investissement dès lors que les risques ont été évalués et qu’un plan B existe. Plus globalement, les investisseurs aimeraient que la direction financière développe davantage sa politique de gestion des risques allant jusqu’à développer les stress tests sur les investissements ».
Les directeurs financiers ont pris conscience des attentes des investisseurs et «s’organisent d’ores et déjà pour enrichir la communication avec des données plus prospectives, éclairant les choix d’investissement. Ce qui n’est pas sans poser des questions sur la fiabilité et le contrôle de cette information stratégique», conclut Christophe Platet.
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