Les investisseurs restent prudents concernant SoLocal
Le conflit persistant entre actionnaires, créanciers et direction de SoLocal a eu des conséquences importantes sur l’activité du propriétaire de PagesJaunes : ce dernier a annoncé vendredi matin que les objectifs de son plan stratégique « Conquérir 2018 » seraient atteints avec six mois de retard.
Le décalage dans la restructuration a déjà pesé sur les comptes du troisième trimestre. Son Ebitda s’est dégradé de 24%, pour tomber à 60 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en baisse de 7% (à 197 millions). La marge s’est donc effritée de 7 points, à 30%. Si le groupe a confirmé ses perspectives 2016, il a réduit ses prévisions pour 2018 : la progression de l’Ebitda récurrent est désormais attendue à 5% de 2017 à 2018, contre 9% envisagé dans le plan.
Dans un communiqué séparé relatif aux modalités de l’assemblée générale extraordinaire (AGE) du 15 décembre, qui doit statuer sur le projet de restructuration financière, le conseil d’administration indique que SoLocal n’a pas obtenu de plusieurs investisseurs, avec lesquels le groupe négociait, un engagement ferme pour une augmentation de capital de 35 millions d’euros qui leur aurait été réservée. Le renforcement des fonds propres interviendra donc uniquement à travers la levée de 400 millions d’euros, avec DPS, prévue dans le cadre du plan.
Relevant toutefois que ces investisseurs (qui ne sont pas créanciers, précise le communiqué) « ont manifesté un intérêt pour une prise de participation », la société entend s’assurer qu’ils soient bien servis : ils pourront acquérir des DPS pour souscrire à l’opération à titre tant réductible qu’irréductible, ce qui leur permettra d’aller au-delà de la quote-part représentée par leurs DPS. Ils pourront également intervenir en qualité de garants de premier rang du succès de l’opération. Les discussions avec ces investisseurs se poursuivent donc, précise le groupe.
SoLocal refuse par ailleurs de soutenir les 25 projets de résolutions déposés par les actionnaires frondeurs, dont ceux de Benjamin Jayet : les amendements relatifs à la restructuration ne permettraient pas d’obtenir l’adhésion des actionnaires et des créanciers, tandis que la société estime que les demandes de recomposition du conseil sont précoces et que le sujet sera débattu à l’occasion de l’AGE programmée après la restructuration.
Par ailleurs, Benjamin Jayet, qui indique avoir rencontré les créanciers jeudi, a mandaté le cabinet Détroyat pour réaliser une expertise sur les actifs de SoLocal, que les créanciers évalueraient à 0, selon l’actionnaire.
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