Les investisseurs fondent sur les cash flows des groupes d’eau britanniques
Le secteur de l’eau britannique est en ébullition. Après le rachat fin 2011 de Northumbrian Water par le conglomérat hongkongais Hutchison Whampoa, la récente prise de contrôle de South Staffordshire par KKR, et de multiples rumeurs sur d’autres actifs, Severn Trent est courtisée par un consortium d’investisseurs composé du canadien Borealis Infrastructure, du fonds souverain Kuwait Investment Office et du fonds de pension britannique Universities Superannuation Scheme.
Severn Trent a dû reconnaître avoir été approché à la suite d’une fuite dans la presse. Mais le groupe a précisé qu’aucune offre formelle n’a encore été formulée. Conformément à la réglementation britannique en matière d’offres publiques d’achat, le consortium a jusqu’au 11 juin pour présenter une proposition ferme sur Severn Trent ou renoncer définitivement à son projet. Il est conseillé par Deutsche Bank.
Selon le magazine Financial News, qui a révélé les contacts, le consortium serait disposé à débourser entre 22,5 et 23 livres par action Severn Trent. Ce prix offrirait une prime de 23% par rapport aux cours de clôture avant la révélation de l’intérêt du consortium. Il représente un montant global de l’ordre de 5,3 milliards de livres (6,25 milliards d’euros) pour 100% du capital. En ajoutant la dette nette, la valeur d’entreprise ressort à 9,3 milliards de livres, soit plus de 11 fois l’Ebitda estimé par le consensus Bloomberg pour 2013, multiple qu’avait payé Hutchison en 2011 pour Northumbrian Water. Selon CreditSights, la prime sur la valeur de sa base d’actifs régulés, estimée à 7,3 milliards de livres à fin mars, s’élève à 27%. Un niveau conforme aux opérations passées dans le secteur de l’eau britannique, avec une prime moyenne de 30%.
Fortement courtisées ces dernières années, les sociétés de distribution d’eau britanniques le sont encore plus avec la chute des rendements un peu partout dans le monde. Le modèle régulé offre une grande visibilité de génération de cash flows, qui plus est indexés sur l’inflation. Les prix font l’objet d’une renégociation tous les cinq ans avec le régulateur britannique Ofwat.
La prochaine période quinquennale débutera en 2015 avec une publication fin 2014 des nouveaux tarifs. Une incertitude qui constitue, selon les analystes, la principale menace contre la réalisation de la transaction.
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