Les interrogations restent toujours aussi fortes autour de Carrefour
Profitant du rebond de la Bourse de Paris hier, l’action Carrefour a regagné 3,05% pour finir à 17,935 euros. Pourtant, plus tôt dans la journée, le titre du distributeur français a touché un plus bas à 16,675 euros, niveau jamais atteint depuis plus de 16 ans. UBS, déjà à la vente sur l’action, a réduit son objectif de cours à 17 euros, 3 euros de moins qu’auparavant. Les analystes de la banque suisse s’inquiètent de la faiblesse persistante de l’activité du groupe en Europe. «Alors qu’aucune action sur la structure du groupe (immobilier, Brésil) ne devrait intervenir à court terme, l’action Carrefour reste l’otage d’une amélioration de l’activité en Europe ce qui est peu probable à ce stade», écrivent-ils.
En début de semaine, une rumeur de négociations entre Carrefour et l’américain Wal-Mart sur la vente de la filiale brésilienne du groupe français à l’américain a surgi dans la presse locale. Mais l’idée a fait long feu, une source proche de Carrefour assurant que «la rumeur était sans fondement». Les deux groupes avaient déjà en 2009 négocié un rapprochement, mais les pourparlers n’avaient pas abouti en raison d’un désaccord sur la valorisation des actifs.
Pourtant, les investisseurs s’attendent à une action de Carrefour dans les prochains mois, alors que le premier actionnaire (14%) Blue Capital, alliance de l’homme d’affaires Bernard Arnault et du fonds américain de capital-investissement Colony Capital, accusent une perte sur leur investissement estimée à plus d’un milliard d’euros. La récente nomination de Pierre-Jean Sivignon au poste de directeur financier, pour succéder à Pierre Bouchut, pourrait constituer un signe avant-coureur d’action. Ce dernier a hérité de la direction des marchés émergents. Or, son expérience financière pourrait être utile pour préparer une vente des divisions dans les pays émergents. «Cette nomination nous amène à nous demander ce que le groupe a en tête pour les marchés de croissance», s’interrogeaient récemment les analystes de Bank of America-Merrill Lynch.
Les analystes estiment que Carrefour attirerait de nombreux candidats pour ses magasins au Brésil et en Chine ‑le numéro un mondial Wal-Mart étant considéré comme l’acquéreur le plus probable. Mais ses magasins en Asie (Malaisie et Singapour) seraient plus compliqués à vendre. Le groupe pourrait alors se concentrer sur le redressement de ses activités européennes.
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