Les industries agroalimentaires divergent face à la crise
Premier secteur industriel national, l’industrie agroalimentaire française échappe à la récession. Du moins en apparence. En 2012, le chiffre d’affaires de ces entreprises, dont un tiers appartient à une coopérative ou à une union de coopératives, a augmenté de 5,4%, pour atteindre 159 milliards d’euros. Mais cette croissance est «le reflet de la hausse des cours des matières premières», prévient le Crédit Agricole dans son observatoire financier des entreprises agroalimentaires.
Le chiffre d’affaires réalisé en France a bien augmenté de 6%, mais 70% de cette progression provient de la seule filière céréalière qui a profité de la hausse des prix des matières premières. Quant à la croissance de 12,3% à l’international (36% du chiffre d’affaires total du secteur), la moitié de celle-ci vient de la filière laitière.
Conséquence, cette croissance «ne se traduit pas dans la rentabilité du secteur qui, au contraire, est affectée par une pression sur les marges», rappelle le Crédit Agricole. Le taux de marge brute a perdu 2,8 points entre 2010 et 2012 pour «se stabiliser à un point bas» de 30,3%. Une érosion qui contraint les entreprises à dégager des gains de productivité pour tenir leur marge opérationnelle. Le poids des charges extérieures (intérim, énergie et transport) a ainsi été réduit à 78% de la valeur ajoutée, soit cinq points de moins qu’il y a deux ans, avec une stabilisation des charges de personnels.
Dans ce contexte, la santé financière des entreprises du secteur est «globalement correcte», indique le Crédit Agricole, avec une capacité de désendettement inférieure à cinq ans. Un tiers des entreprises présentent néanmoins un profil très dégradé, avec une capacité de désendettement supérieure à 10 ans ou une capacité d’autofinancement négative, «interdisant toute possibilité d’investissement».
«Globalement, les industries agroalimentaires sont correctement capitalisées avec un ratio sur fonds propres moyen de 40 et un endettement raisonnable à 32% du bilan», indique la banque. 37% d’entres elle présentent un risque de crédit faible, 48% moyen et 16% fort, c’est-à-dire comportant un risque de défaut dans les 12 mois. Ce risque est concentré sur les petites entreprises du secteur vin, pénalisées par des stocks lourds, des fruits & légumes et de la viande.
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