Les industriels du Sud de l’Europe font les frais de la crise de la dette
Après un mois d’août particulièrement animé avec 19 milliards d’euros d’émissions en Europe, tous secteurs confondus, soit quasiment trois fois plus que la moyenne pour une période de l’année traditionnellement creuse, le marché obligataire a également débuté le mois de septembre sur les chapeaux de roues. De nombreux émetteurs industriels ont profité des anticipations des investisseurs sur une intervention de la Banque centrale européenne pour consolider leur programme de financement.
Pour la seule journée de mercredi, veille de la réunion de la BCE, 5,6 milliards d’euros ont été émis par les «corporates», soit, comme le soulignent les analystes crédit de CM-CIC, «le plus important volume d’émission journalier de l’année sur ce segment» en Europe. Il faut remonter à mars 2010 pour retrouver une telle activité.
Même les groupes du Sud de l’Europe, dont l’accès au marché s’était refermé ces derniers mois en raison des tensions sur la dette souveraine, ont fait leur réapparition. L’opérateur de télécoms espagnol Telefonica et l’électricien italien Enel ont levé respectivement 750 millions et 1 milliard d’euros d’obligations. La dernière émission d’un corporate espagnol remontait à mars 2012 avec le groupe d’énergie Iberdrola.
Pour autant, ce retour sur le marché des émetteurs du Sud de l’Europe se fait dans des conditions financières nettement plus chères que celles accordées à leurs homologues des pays dits «cœur», Allemagne, France et pays nordiques. Alors que Telefonica plaçait mercredi ses obligations à 5 ans avec un spread de 485 points de base par rapport aux taux mid-swap, France Telecom émettait le même jour à 10,5 ans avec un spread de 80 pb, soit un écart de 400 pb entre les deux émetteurs. Même comparaison défavorable pour Enel vis-à-vis d’EDF: le premier a payé un spread de 360 pb, trois fois plus élevé que celui d’EDF.
Cet écart de financement donne un avantage concurrentiel indéniable aux groupes allemands, français ou britanniques par rapport à leurs comparables espagnols ou italiens, d’autant qu’il dure depuis plusieurs mois déjà. En seulement six mois, le coût effectif de la dette totale de Telefonica est passé de 5,22% à 5,82%, alors que le coût moyen supporté par France Telecom pour se financer sur le marché obligataire au cours des douze derniers mois n’est que de 3,8%.
Plus d'articles du même thème
-
Du pouvoir aux profits, l’équation d'UniCredit chez Commerzbank
Avec plus de 42% du capital, la banque italienne devrait être en mesure d'imposer ses vues au conseil de sa concurrente allemande. Pour pouvoir en tirer tous les bénéfices financiers, il faudra toutefois probablement qu’elle monte au-delà de 60%. -
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-OrientCessez-le-feu, accord préliminaire, annulation de la réunion en Suisse : retour sur les 48 h qui ont rebattu les cartes au Moyen-Orient
Israël et le Hezbollah signent un cessez-le-feu après une nuit meurtrière au Liban. Une décision annoncée alors que l'accord préliminaire américano-iranien, signé après de multiples retournements de situation, peine à stabiliser la région -
La canicule pourrait être d’« une durée et une sévérité identiques à celle d’août 2003 », alerte Météo-France
Un total de 60 départements sont placés en vigilance orange canicule. Une cellule interministérielle de crise (CIC) se tiendra, samedi 20 juin, au ministère de l’Intérieur -
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait.