Les groupes européens croient en leur bonne étoile américaine
Le marché mondial des fusions-acquisitions est en ébullition : 2.816 milliards de dollars de transactions annoncées sur les neuf premiers mois de l’année selon Dealogic, en hausse de 34% par rapport à 2013 et au plus haut depuis 2007. Et dans ce contexte, les cibles américaines ont la cote. Elles ont représenté en valeur près de la moitié du marché (1.310 milliards, +49%).
Alors que les opérations transfrontalières dans le monde ont bondi de 81% sur neuf mois, représentant plus du tiers du marché (36%, un niveau relatif inédit depuis 2008), les acquéreurs européens se font remarquer outre-Atlantique.
A fin septembre toujours, ils ont dévoilé cette année, selon Dealogic, 418 opérations aux Etats-Unis pour un montant cumulé de 175 milliards de dollars, un montant sept fois supérieur à celui de l’an passé et au plus haut depuis l’an 2000. 13% du volume de l’ensemble des M&A visant des proies américaines ont ainsi été initiés par des groupes européens, contre 3% seulement en 2013. Le français Iliad dans les télécoms et l’allemand Merck dans la chimie mènent le bal avec des offres annoncées de 35 et 17 milliards sur T-Mobile US et Sigma-Aldrich respectivement.
Sur le seul troisième trimestre 2014, Bloomberg a recensé un volume d’opérations annoncées par des prétendants européens visant des cibles aux Etats-Unis de 87 milliards de dollars, un chiffre supérieur aux annonces des douze mois précédents. Après un démarrage du marché des M&A au sein même du Vieux Continent, les acquéreurs semblent ainsi désireux de traverser l’océan en quête de nouvelles opportunités stratégiques. Pour Gilberto Pozzi, responsable des fusions-acquisitions chez Goldman Sachs pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, «les Etats-Unis restent du fait de leur taille et de leur structure un marché très intéressant pour des sociétés européennes désireuses de dynamiser leur croissance et leurs parts de marché internationales».
Leur confiance est certes renforcée tant par une cagnotte de liquidités disponibles (hors sociétés financières) ayant bondi de 58% en 2013 à 1.310 milliards de dollars, que par un environnement de crédit facile et à bon compte. La remontée des taux justement pourrait constituer l’un des grains de sable venant enrayer la mécanique, tout comme la hausse excessive des valorisations ou une déception quant à la croissance économique. La faiblesse actuelle de l’euro face au dollar n’a, semble-t-il, pas encore mis en cause l’appétit des prédateurs européens.
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