Les groupes étrangers se voient privés d’accès au parc automobile officiel chinois
La Chine renforce ses barrières non tarifaires dans le secteur automobile. Aucune marque étrangère ne figure en effet sur la liste préliminaire des 412 modèles destinés au gouvernement central et aux agences régionales chinoises, que vient de publier le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information. La flotte automobile officielle «devra utiliser des véhicules dont le prix unitaire ne dépasse pas 180.000 yuans, équipés d’un moteur d’au maximum 1,8 litre».
Ces règles stipulent également que les constructeurs éligibles devront avoir consacré «au moins 3% de leur chiffre d’affaires à la R&D au cours des deux dernières années». Ce changement d’attitude est cohérent avec la décision prise fin 2011 par Pékin de «retirer son soutien à l’investissement étranger dans l’industrie automobile», qui permettait à une coentreprise de bénéficier de droits de douane réduits sur des équipements neufs importés.
Si les marques étrangères contrôlent environ 70% du marché chinois, leur domination est encore plus importante dans le secteur public avec une part de marché de 80%.
Ce segment représentait près de 10 milliards d’euros en 2010, selon les estimations de China International Capital Corp. Il génère actuellement 20% des ventes d’Audi en Chine, contre moins de 10% pour Volkswagen, General Motors, Toyota ou Nissan.
L’objectif de Pékin est de soutenir des constructeurs domestiques comme SAIC ou FAW (First Automotive Works) au détriment des groupes occidentaux. Les actions des groupes Dongfeng, FAW ou Great Wall Motor ont terminé la séance d’hier en forte hausse à la suite de cette annonce.
«Cette mesure est tellement draconienne qu’elle devrait entraîner une résistance de la part des services achats au sein des gouvernements régionaux», estime cependant Klaus Paur, responsable de la recherche sur le secteur automobile chez Ipsos à Shangaï. Certaines marques issues d’entreprises sino-étrangères (comme DPSA, coentreprise entre Dongfeng et PSA) pourraient également faire pression pour être incluses dans la liste officielle.
«La plupart des pays utilisent leur parc de véhicules officiels pour promouvoir leur industrie domestique, cette nouvelle orientation correspond donc au développement naturel du secteur automobile en Chine», jugent les analystes de Macquarie Group. Une consultation publique sur cette liste est ouverte jusqu’au 9 mars prochain.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat