Les groupes de cliniques allemands se disputent Rhön-Klinikum
Fresenius jette l’éponge. Le groupe allemand de cliniques a renoncé hier à acquérir son concurrent Rhön-Klinikum. «Une combinaison de Rhön-Klinikum et d’Helios [cliniques de Fresenius] aurait été la première opportunité de construire un réseau national intégré de santé, a commenté Ulf Mark Schneider, PDG de Fresenius. Nous regrettons que notre offre publique ait été bloquée sans proposer d’alternative constructive».
En avril dernier, Fresenius avait lancé une offre de 3,1 milliards d’euros valorisant la cible sur un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de 11 fois. Or, Asklepios – le troisième opérateur de cliniques en Allemagne derrière Helios et Rhön – a acquis le dernier jour de l’offre, fin juin, une participation de 5% empêchant Fresenius d’atteindre le seuil d’acceptation de 90%, avec seulement 84,3% des titres apportés à l’offre.
Fresenius a eu l’intention de déposer une nouvelle offre dans les mêmes conditions avec un seuil d’acceptation légèrement au-dessus de 50%, mais y a renoncé, les statuts de Rhön-Klinikum nécessitant une approbation à 90% des décisions stratégiques. D’autant qu’Asklepios vient d’annoncer son intention de dépasser le seuil des 10% de Rhön, et que le fournisseur de produits médicaux aux hôpitaux B. Braun a pris la semaine dernière une participation de 5% dans Rhön. Asklepios et B. Braun semblent ainsi alliés pour faire échec au rachat de Rhön par Fresenius.
Néanmoins, «il est peu probable qu’Asklepios fasse une offre sur Fresenius. Au prix de 22,50 euros par titre avec un seuil de 90%, le ratio dette nette sur Ebitda de la nouvelle entreprise serait de 6,4, note Kepler. Il est important de savoir, en cas d’offre d’Asklepios, si Fresenius et Sana Kliniken pourraient s’allier pour bloquer l’offre».
La probabilité «d’une nouvelle offre par un autre acteur est faible», note CA Cheuvreux. Et, «nous pensons qu’Asklepios s’en tiendra à sa participation minoritaire et que Rhön restera indépendant», conclut Kepler.
Fresenius, qui détient 5% de Rhön-Klinikum moins une action, prévoit d’augmenter légèrement sa participation. «Cette position permettra de préserver les options stratégiques de l’entreprise dans le cadre de la consolidation du secteur hospitalier allemand», explique Fresenius.
Avec cette annonce, l’attrait spéculatif sur Rhön disparaît. Le titre a chuté hier de 20,92% à 14,99 euros, revenant sur ses niveaux d’avant l’offre de Fresenius de 22,50 euros.
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