Les groupes d’aéroports sont engagés dans une course à la croissance
Les gestionnaires d’aéroports européens ont des fourmis dans les jambes. Confrontés depuis quelques années à la baisse du nombre de passagers transportés par les compagnies de leur pays, et à la concurrence du train, les groupes d’infrastructures aéroportuaires vont chercher des sources de croissance de plus en plus loin de leurs bases. Hier, Jos Nijhuis, le directeur général de Schiphol, qui gère l’aéroport d’Amsterdam, a confirmé les ambitions de son groupe sur l’aéroport de Rio de Janeiro-Galeao. Le néerlandais est associé pour l’occasion à Aéroports de Paris, qui a déjà pris le contrôle en 2012 du turc Tav. Deux partenaires brésiliens, une banque et une société de BTP, complètent le consortium.
Le Brésil veut vendre 51% de cet aéroport et de celui de Belo Horizonte-Confins afin de mettre à niveau ses équipements en vue de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de 2016. L’autorité brésilienne de l’aviation civile a indiqué attendre des offres autour de 4,5 milliards d’euros pour ces deux aéroports, pour lesquels une introduction en Bourse avait été initialement envisagée en 2011. En Italie, le groupe d’autoroutes Atlantia va mettre la main sur Gemina, qui gère l’aéroport de Rome. De son côté, l’espagnol Abertis envisage de mettre sur le marché ses aéroports pour profiter de la vague de fusions-acquisitions dans le secteur.
Ces opérations viendraient alimenter un mouvement de concentration entamé il y a près de deux ans, notamment sous l’effet de la crise budgétaire en Europe. Plusieurs pays ont ainsi mis en vente leurs équipements aéroportuaires pour renflouer leurs finances publiques. C’est notamment le cas du Portugal qui a cédé, début 2013, 95% du capital d’Ana au français Vinci pour un peu plus de 14 fois l’excédent brut d’exploitation de la société.
S’appuyant sur l’exemple du Portugal, Xavier Huillard, le directeur général de Vinci, rappelle que la fréquentation des aéroports s’est maintenue à des niveaux d’activité corrects ces derniers mois malgré un environnement économique dégradé car elle dépend de plus en plus du trafic international.
Vinci s’est d’ailleurs dit prêt à poursuivre ses acquisitions dans ce secteur, dont les revenus sont également plus diversifiés, et donc mieux protégés, que ceux tirés des concessions routières, grâce aux recettes tirées des boutiques ou de l’exploitation du foncier.
{"title":"","image":"79466»,"legend":"Indicateurs du secteur des services a\u00e9roportuaires»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?