Les groupes d’aéroports sont engagés dans une course à la croissance

ADP et le néerlandais Schiphol visent l’aéroport de Rio de Janeiro. Vinci est à l’affût. Le trafic international alimente l’activité de ces plates-formes
Olivier Pinaud
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 -  Image Günther Simmermacher/Pixabay

Les gestionnaires d’aéroports européens ont des fourmis dans les jambes. Confrontés depuis quelques années à la baisse du nombre de passagers transportés par les compagnies de leur pays, et à la concurrence du train, les groupes d’infrastructures aéroportuaires vont chercher des sources de croissance de plus en plus loin de leurs bases. Hier, Jos Nijhuis, le directeur général de Schiphol, qui gère l’aéroport d’Amsterdam, a confirmé les ambitions de son groupe sur l’aéroport de Rio de Janeiro-Galeao. Le néerlandais est associé pour l’occasion à Aéroports de Paris, qui a déjà pris le contrôle en 2012 du turc Tav. Deux partenaires brésiliens, une banque et une société de BTP, complètent le consortium.

Le Brésil veut vendre 51% de cet aéroport et de celui de Belo Horizonte-Confins afin de mettre à niveau ses équipements en vue de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de 2016. L’autorité brésilienne de l’aviation civile a indiqué attendre des offres autour de 4,5 milliards d’euros pour ces deux aéroports, pour lesquels une introduction en Bourse avait été initialement envisagée en 2011. En Italie, le groupe d’autoroutes Atlantia va mettre la main sur Gemina, qui gère l’aéroport de Rome. De son côté, l’espagnol Abertis envisage de mettre sur le marché ses aéroports pour profiter de la vague de fusions-acquisitions dans le secteur.

Ces opérations viendraient alimenter un mouvement de concentration entamé il y a près de deux ans, notamment sous l’effet de la crise budgétaire en Europe. Plusieurs pays ont ainsi mis en vente leurs équipements aéroportuaires pour renflouer leurs finances publiques. C’est notamment le cas du Portugal qui a cédé, début 2013, 95% du capital d’Ana au français Vinci pour un peu plus de 14 fois l’excédent brut d’exploitation de la société.

S’appuyant sur l’exemple du Portugal, Xavier Huillard, le directeur général de Vinci, rappelle que la fréquentation des aéroports s’est maintenue à des niveaux d’activité corrects ces derniers mois malgré un environnement économique dégradé car elle dépend de plus en plus du trafic international.

Vinci s’est d’ailleurs dit prêt à poursuivre ses acquisitions dans ce secteur, dont les revenus sont également plus diversifiés, et donc mieux protégés, que ceux tirés des concessions routières, grâce aux recettes tirées des boutiques ou de l’exploitation du foncier.

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