Les grands groupes miniers devraient profiter des inondations en Australie

La hausse des cours engendrée par la catastrophe compensera la baisse de la production de leurs mines de charbon
Olivier Pinaud

Les inondations en Australie paralysent une grande partie des mines de charbon dans le pays. Et pourtant, selon les premiers calculs des analystes, les grands groupes miniers ne devraient pas trop souffrir financièrement de la catastrophe. Certains pourraient même en profiter.

Les régions inondées, qui représentent la superficie de la France et de l’Allemagne réunies, assurent en effet à elles seules les deux tiers de l’approvisionnement mondial en charbon métallurgique et un quart des ventes de charbon thermique. Or, même si l’eau se retire rapidement, les perturbations risquent de durer plusieurs semaines avant que le secteur ne retrouve une activité normale. Le trafic a par exemple repris sur le port de Dalrymple, l’un des deux plus importants de l’Etat du Queensland, mais 44 cargos tournent encore au large avant de pouvoir charger leur marchandise. Les voies de chemin de fer sont également endommagées dans la région ce qui gênera l’acheminement du charbon pendant encore plusieurs mois.

Du coup, les analystes s’attendent à ce que les cours de la matière première restent élevés pendant une grande partie de l’année. En 2008, lors des précédentes inondations, dont l’ampleur était pourtant moindre, le prix spot du charbon métallurgique était monté jusqu’à 400 dollars la tonne. Avant la catastrophe naturelle actuelle, un contrat se négociait environ 225 dollars, rappelle Morgan Stanley. Les métallurgistes risquent de devoir payer jusqu’à 300 dollars la tonne pour se fournir en charbon, estiment plusieurs analystes. Des négociations ont d’ailleurs déjà commencé entre les miniers et les fondeurs d’acier.

Résultat, cet effet prix devrait compenser la baisse d’activité des grands groupes miniers. Citigroup a ainsi calculé que la production de charbon d’Anglo American pourrait ainsi perdre en six mois 3,8 millions de tonnes par rapport à ce qui était initialement attendu, soit un manque à gagner de 25%. Mais, au bout du compte, avec la hausse des prix, le bénéfice par action du groupe augmentera de 0,4 % en 2011. Pour Xstrata, l’effet bénéfique monterait même à 1,7 %. En revanche, Rio Tinto et BHP Billiton pourraient être pénalisés. Mais l’effet négatif ne représenterait respectivement que 1,6% et 2%.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...