Les grands actionnaires de Telecom Italia engagent les discussions de la dernière chance
Le dossier Telecom Italia vire au «thriller». Les actionnaires et la direction de l’opérateur en télécoms italiens ne cessent de se déchirer sur la marche à suivre pour régler son problème de surendettement. Hier, lors d’une réunion dite informelle, les administrateurs du groupe ont tenté de se mettre d’accord avant un conseil d’administration fatidique finalement reporté au 3 octobre.
Rien n’avait filtré hier soir sur la teneur des discussions. D’un côté, Franco Bernabe, le PDG de Telecom Italia, tente de convaincre de la nécessité de mettre en place un plan d’économies drastique, de 3 à 5 milliards d’euros, afin d’éviter d’avoir à vendre les participations dans les filiales sud-américaines, les principales sources de croissance de la société. Une augmentation de capital permettrait également selon lui de diminuer radicalement la dette, actuellement de 28,8 milliards d’euros, et éviter une dégradation de la note du groupe en catégorie «junk».
D’un autre côté, les actionnaires de référence réunis dans la holding Telco se disputent sur la marche à suivre. Telefonica, premier actionnaire avec une participation indirecte de 10,4%, aimerait reprendre les participations de ses anciens alliés financiers, Mediobanca, Generali et Intesa Sanpaolo. Ils détiennent ensemble 12% de Telecom Italia. Mais la proposition financière de l’opérateur espagnol, lui même contraint par sa dette, ne leur convient pas. De même, pas question pour eux de remettre au pot alors qu’ils ont dû déprécier à plusieurs reprises la valeur de leur participation depuis leur arrivée au capital de Telecom Italia en 2007. Entrés à un cours de Bourse de 2,8 euros, ils portent aujourd’hui des actions valant 0,6 euro pièce.
Faute de consensus avant le 28 septembre, les différents actionnaires de Telecom Italia auront la liberté de céder leurs participations, conformément au pacte conclu en 2007. Une issue que souhaite éviter Telefonica afin de ne pas voir un concurrent en profiter pour s’inviter au capital. Les noms d’America Movil, d’AT&T, de Vodafone et de Naguib Sawiris circulent régulièrement comme acheteurs potentiels en cas d’implosion du pacte d’actionnaires.
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