Les gouvernements veulent peser dans le débat sur le projet EADS-BAE
De Londres à Berlin, en passant par Paris, on s’active dans les bureaux ministériels pour évaluer le projet de rapprochement entre EADS et BAE Systems dévoilé le 12 septembre. Angela Merkel et François Hollande ont évoqué le dossier ce week-end à Ludwigsburg, promettant de travailler en étroite concertation.
Selon un porte-parole du 10 Downing Street, le Premier ministre britannique David Cameron s’est également invité au débat, soucieux de préserver les intérêts de la Couronne. Et une commission parlementaire britannique a annoncé hier l’ouverture d’une enquête sur l’impact qu’aurait la fusion.
Le ministre britannique du Commerce, Vince Cable, qui s’est révélé être un farouche détracteur de BAE Systems, lorsque le groupe s’est retrouvé empêtré dans une affaire de corruption, a fait preuve jusqu’à présent d’une discrétion remarquée. Il pourrait pourtant être chargé côté britannique de statuer sur l’opération, après consultation de l’Office of Fair Trading.
Côté franco-allemand, on entend également faire preuve de vigilance. Selon un document du ministère allemand de l’Economie que Reuters s’est procuré, et qui exprime la volonté de la France et de l’Allemagne d’aboutir à une position commune, les garanties fournies par le projet en matière de localisation des futurs sites de production ne sont pas jugées fiables. Ainsi, les Etats ne pourront pas exiger d’être consultés sur les décisions opérationnelles du nouvel ensemble, d’après les termes du projet. Une restriction qui vise à empêcher toute intervention excessive des Etats.
Autre réserve avancée par Paris et Berlin : la question de «l’action spécifique» attribuée aux actionnaires étatiques et censée constituer un rempart contre d’éventuels prédateurs. «La France et l’Allemagne sont d’accord pour dire que l’action spécifique proposée par l’entreprise n’offre pas de garantie totale, celle-ci pouvant être mise en cause par la législation européenne», souligne le document.
Le rapport entre les valorisations respectives d’EADS et BAE suscite également un froncement de sourcils. Le document allemand le situe «plus proche» de 70/30 que des 60/40 évoqués par les deux groupes, qui «ne reflètent pas correctement la réelle valeur» des entreprises.
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