Les fourchettes des introductions en Bourse se resserrent dans le bon sens
Rarement un début d’année aura été aussi animé en matière d’introductions en Bourse en Europe. Selon Dealogic, les prix de douze IPO devaient être arrêtés au cours de la semaine du 2 février, dont deux pour une valeur supérieure au milliard de dollars, GrandVision à Amsterdam et Sunrise en Suisse. Ce niveau d’activité ressemble à celui de la dernière semaine de juin 2014 à une différence près: le mois de juin est traditionnellement propice aux IPO, une fois les résultats annuels passés et les opinions un peu plus arrêtées sur la tendance du marché.
Les émetteurs n’ont même pas attendu la consolidation de leurs comptes annuels 2014 pour démarcher les investisseurs. Une grande partie d’entre eux étaient prêts à entrer en Bourse dès l’automne dernier mais la fermeture plus brutale et plus rapide que prévu du marché en octobre les a contraints à reporter leur projet. Certaines échéances électorales ont également pu inciter des émetteurs à accélérer le pas, comme l’opérateur public d’aéroports Aena en Espagne. L’annonce du QE de la BCE le 22 janvier a également joué favorablement.
Si les investisseurs avaient montré une forme d’indigestion fin juin 2014, l’affluence de ce début d’année ne semble pas les indisposer. Aena, GrandVision, Sunrise et Elis en France ne connaîtront leur première cotation que dans quelques jours, ce qui permettra de réellement mesurer le succès des opérations, mais l’évolution des fourchettes de prix laisse espérer un bon accueil. Aena, dont le placement de marché dépassera 4 milliards d’euros, a relevé par deux fois sa fourchette par rapport aux 43 à 55 euros initiaux: elle a été portée entre 53 et 58 euros puis entre 55 et 58 euros hier. «Le resserrement de la fourchette au-dessus du prix plancher permet d’engager une dynamique positive pour la constitution du livre d’ordres final», explique Cyril Court, responsable ECM chez HSBC, l’une des banques engagées dans l’IPO du gestionnaire espagnol d’aéroports.
GrandVision a également resserré sa fourchette, de 17,5-21,5 à 20-20,5 euros. Pour Elis, le mouvement est moins spectaculaire, mais la nouvelle proposition, allant de 13 à 16,50 euros par action, a été détachée du plancher initial de 12 euros. En bas de fourchette, le groupe de blanchisserie industrielle afficherait une valeur d’entreprise de 2,7 milliards d’euros, soit 11,7 fois le résultat d’exploitation (Ebit) attendu en 2015.
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