Les fonds de private equity monétisent leurs actifs dans le câble en Europe
Le récent dépôt par le câblo-opérateur Ono de son document préliminaire d’introduction en Bourse (IPO) auprès de la CNMV, le gendarme boursier espagnol, reflète sa volonté persistante de tester le marché, alors qu’il fait figure de cible à la fois pour le britannique Vodafone et pour l’américain Liberty Global. L’entreprise qui affiche une dette nette de 3,3 milliards d’euros vise une valorisation proche de 7 milliards d’euros.
Les principaux actionnaires d’Ono sont les fonds de private equity CCMP Capital (sponsorisé par JPMorgan) et Providence Equity, qui possèdent chacun 15,2% du capital, et Thomas H. Lee qui en détient 15%. On trouve ensuite Quadrangel Capital et General Electric avec 9% chacun, la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (6,8%) et la holding Multitel (6%) contrôlée par Eugenio Galdon, fondateur et président d’Ono jusqu’en novembre 2008.
Une IPO permettrait à l’entreprise d’avoir un rôle actif dans la concentration du secteur du câble outre-Pyrénées, principalement dans le nord du pays où elle dispose d’une couverture du territoire bien moins dense. Ono pourrait ainsi racheter la compagnie asturienne Telecable, contrôlée par Carlyle, ou encore le basque Euskaltel. La société galicienne «R», qui appartient à CVC Capital, est également visée, mais ce câblo-opérateur régional est susceptible de privilégier une mise en Bourse.
Ono dispose désormais de trois mois pour lancer un processus formel d’IPO ou se laisser convaindre du bien-fondé d’être racheté par un groupe industriel. Ses actionnaires historiques devraient en tout cas réaliser une bonne affaire par rapport à leur mise initiale. En juillet 2005, Providence Equity, Quadrangel, Thomas H. Lee et JPMorgan avaient en effet payé environ 1,3 milliard d’euros pour prendre le contrôle de 51% du câblo-opérateur.
A l’échelle européenne, les investisseurs financiers, qui avaient participé voici une dizaine d’années à une première vague de consolidation dans le câble, considèrent désormais opportun de se désengager en profitant de l’appétit retrouvé du marché boursier pour ce secteur depuis 18 mois. Parmi les autres introductions en Bourse potentielles, on trouve celle du suédois Com Hem, détenu par BC Partners ou celle du norvégien Get AS, propriété de Goldman Sachs et Quadrangle, selon Reuters qui se fonde sur des sources bancaires.
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