Les fonds actionnaires de FPEE capitulent
Marc Ettienne et les dirigeants de FPEE vont reprendre le contrôle du fabricant de fenêtres. Après une semaine de conflit ouvert avec ses actionnaires majoritaires, marqué par le blocage de l’usine dans la Sarthe par les salariés à la suite de l’éviction de la présidente Cécile Sanz, le fondateur du groupe a trouvé un accord avec les fonds Naxicap, Pragma Capital et Equistone. Ces derniers vont céder leur participation, d’un peu plus de 62%, dans des conditions jugées satisfaisantes par les deux parties. Le montant n’est pas divulgué.
En plus du retour de Marc Ettienne et de Cécile Sanz à la tête de la structure opérationnelle, Olivier de la Morinière, qui avait été nommé par les fonds à la tête de la société la semaine dernière, conservera la présidence de FenetriA, la holding financière de tête. Les fonds ont salué hier soir «l’intermédiation d’Olivier de la Morinière» dans la résolution du blocage.«La réalisation de la cession devrait être conclue d’ici à la fin juin», a précisé à L’Agefi, Alexandre Merveille, avocat associé du cabinet Versini-Campinchi, qui a défendu Marc Ettienne.
Le conflit entre le fondateur de FPEE et ses actionnaires est né d’une dispute sur la valorisation de la société depuis un projet de dividend recap avorté au printemps 2014. Marc Ettienne s’était opposé au schéma qui visait à réendetter la société afin de faire remonter 130 millions d’euros de dividendes aux actionnaires. Mais ses propositions alternatives, notamment un rachat de la société, n’avaient pas convaincu les fonds. Le fondateur souhaitait la racheter environ 6,5 fois son Ebitda quand Naxicap, Pragma et Equistone, présents au capital pour certains depuis 2003, estimaient que la mise en place d’un plan de développement justifierait un multiple plus proche de 9 fois.
Face à la mobilisation des salariés mais aussi des réseaux revendeurs, qui appelaient eux aussi au retour des dirigeants en place, le dossier était remonté jusqu’au ministère de l’Economie. Il était également suivi de près par le ministre de l’Agriculture, Stéphane le Foll, député de la Sarthe et par François Fillon, ancien élu du département. Hier soir, les deux hommes politiques se sont publiquement félicités de la fin du conflit.
Inquiète pour l’image de la profession, l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) a demandé à sa commission de déontologie d’entendre les différents protagonistes. Une pression qui a pu jouer sur la capitulation des trois fonds actionnaires.
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