Les équipementiers veulent maîtriser la chaîne de valeur aéronautique
La bataille pour la valeur ajoutée dans le secteur de l’aéronautique redouble d’intensité.Le rachat, annoncé hier, par United Technologies de Rockwell Collins va remettre tous les concurrents sous tension, sans exclure les avionneurs Boeing et Airbus eux-mêmes.L’opération n’a rien d’une surprise ; les deux groupes discutaient depuis des semaines.L’étonnant réside plutôt dans son prix : 30 milliards de dollars alors qu’une première offre à 20 milliards avait été faite, et rejetée, il y a moins d’un mois.50% de hausse du prix en quatre semaines : voilà qui donne une idée de l’urgence de la consolidation vue de la fenêtre de l’acquéreur UTC !Clairement, il s’agit de sa part d’une réplique à Boeing et Airbus.Non seulement les avionneurs répercutent sans état d’âme la rudesse des temps aéronautiques sur leurs fournisseurs, en comprimant leurs marges, mais encore ils prétendent leur faire de l’ombre en s’étendant vers l’aval de la chaîne.En clair, tous deux visent le marché des services aéronautiques, et notamment la maintenance où les marges sont les meilleures.Boeing vient ainsi de créer une filiale dédiée, Boeing Global Services, qui vise 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires.Le patron d’UTC n’avait pas caché le mal qu’il en pensait, en déclarant : « Si d’un coup nous perdons la maintenance, je n’ai plus vraiment d’affaires ». Sa réaction n’a donc pas tardé.Reste à savoir si elle est la meilleure. Car sur l’opportunité de la course à la taille, les avis sont partagés.Si Safran par exemple a réalisé une opération comparable en rachetant Zodiac, le Pdg de Thalès Patrice Caine s’affirme pour sa part sceptique.Ni l’un ni l’autre en tout cas ne s’estiment parmi les plus menacés.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATAmbroise Fayolle (BEI) : «Nous avons changé notre doctrine pour permettre de financer des projets militaires»
A l’occasion de l’Infraweek organisée début novembre par Paris Europlace, Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque Européenne d’Investissement, a détaillé la nouvelle stratégie de la BEI. Si le climat reste la première priorité, les actions sont désormais aussi concentrées en faveur de la sécurité et de la défense, à hauteur de 3,5 milliards d’euros de financements pour l’année 2025.
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- TotalEnergies multiplie les arbitrages dans les énergies renouvelables
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur