Les équipementiers automobiles français devront poursuivre leur internationalisation

Les émergents deviennent les premiers producteurs automobiles mondiaux en 2011. 57 % de la croissance des volumes émanera d’Asie-Pacifique d’ici 2017
Yves-Marc Le Reour

Le secteur automobile tient le cap de la reprise. Après sa forte chute de 2009 suivie d’un rebond spectaculaire en 2010, «la production de véhicules légers devrait augmenter cette année de 6,3% à 76 millions d’unités» grâce à la croissance dynamique des pays émergents d’Asie-Pacifique qui représenteront 45% des volumes additionnels, estime PwC. Selon le cabinet d’audit et de conseil, cette tendance s’accélérerait en 2012 avec une hausse attendue de la production mondiale de 8,8% à 82,7 millions d’unités, tirée à hauteur de 60% par les économies émergentes asiatiques. En revanche, la contribution de l’Amérique du Nord à la croissance devrait passer de 29% en 2011 à 12% l’an prochain, tandis que celle de l’Union européenne tomberait de 18% à seulement 1,5%, l’Europe s’affirmant ainsi comme un marché de renouvellement.

Pour la première fois cette année, le nombre de véhicules produits par les marchés émergents dépassera les volumes provenant des pays matures. Ce passage de témoin paraît définitif, puisque 57% de la croissance de la production automobile sur la période 2010-2017 émanera d’Asie-Pacifique, la Chine et l’Inde y contribuant à hauteur de respectivement 38,6% et 12,5%. La Russie et le Brésil arriveront loin derrière avec une contribution légèrement supérieure à 6% pour chacun.

Dans ce contexte, et à quelques jours de l’ouverture du salon Equip Auto (Paris Nord Villepinte), les équipementiers automobiles français encore trop fragmentés devront renforcer leurs positions à l’international pour accompagner la transformation du secteur. Malgré la création début 2009 du fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), seulement deux groupes français, Faurecia et Valeo, sont actuellement présents aux 30 premières places du classement Automotive News, contre neuf entreprises nippones et six équipementiers allemands.

S’ils n’ont pas à rougir du redressement de leur performance en 2010, les équipementiers français devront donc encore réduire leur dépendance à leur clientèle domestique (30% de leur activité l’an dernier contre 40% en 2005). Ceux qui y parviendront «bénéficieront d’opportunités réelles avec des innovations liées notamment à la sécurité, aux communications/technologies embarquées, à la réduction du poids du véhicule ou encore aux techniques électriques appliquées aux moteurs thermiques», relève Philippe Couderc, Associé PwC.

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