Les entreprises françaises peinent à féminiser leur comité exécutif

Si des politiques de «diversité» sont mises en place, elles ne sont efficaces qu’avec le soutien et l’engagement de la direction générale
Bruno de Roulhac

Loin des clichés, les groupes français privilégient davantage les femmes dans leurs équipes dirigeantes que leurs homologues continentaux. Telle est la conclusion d’une étude sur les comités exécutifs de 19 grandes entreprises de l’EuroStoxx 50, dont 12 françaises, menée par le cabinet de recrutement Heidrick & Struggles en partenariat avec l’European Professional Women’s Network.

Si 45% des entreprises du panel comptent au moins une femme (et 20% deux ou plus) dans leur comité exécutif, ce taux monte à 75% pour les entreprises françaises. Toutefois, les femmes ne pèsent en moyenne que 6% d’un comité, et les deux tiers y siègent depuis moins de trois ans.

En France, L’Oréal, Accor et Saint-Gobain affichent un taux de 20% ou plus, tandis que le Crédit Agricole, Vinci et Carrefour ne comptent toujours aucune femme. Signe du changement de mentalité en cours, la proportion de femmes en charge d’une division opérationnelle a triplé en six ans et atteint 29% contre 71% pour celles dirigeant une fonction support (communication, RH, etc.).

Désormais 83% des entreprises du panel ont mis en place une politique de «diversité» et 50% ont créé un poste dédié. D’ailleurs, 44% des sociétés du panel se sont fixé des objectifs chiffrés de femmes dirigeantes, généralement à horizon 2015.

Pour les aider, 70% des entreprises sondées soutiennent un réseau féminin en interne et 25% sont membres de réseaux sectoriels, comme InterElles (industrie et télécoms) ou Financi’Elles.

Plus d’un tiers d’entre elles ont installé, ou vont lancer un programme d’accompagnement (mentoring) de leurs futures dirigeantes. L’étape suivante devra être un véritable sponsoring de ces femmes par les membres du comité exécutif.

Toutefois les stéréotypes culturels demeurent. Notamment le «présentéisme» (rester tard au bureau, ndlr), jugé nécessaire pour accéder au top management. Le congé maternité demeure quant à lui un obstacle majeur à la carrière, les entreprises ne valorisant pas cette expérience, pas plus que le congé sabbatique.

Aussi, l’étude propose des axes d’avancée : mettre en place des programmes de changement culturel pour lutter contre les stéréotypes – du type, l’homme est logique, la femme intuitive –, et proposer des outils de carrière dédiés aux femmes (prises de parole en public,…). Dans tous les cas, pour être efficaces, ces mesures doivent être soutenues directement par la direction générale.

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