Les entreprises françaises ne s’adaptent pas assez vite à la crise
L’accélération des défaillances d’entreprise en France au dernier trimestre 2012 (+13%, contre +3% sur 2012) doit inciter les entreprises à accélérer leurs mesures d’adaptation, constate le baromètre annuel Deloitte/Altares. D’autant que si la tendance paraît s’améliorer sur le début d’année avec des défaillances en recul de 2% sur janvier février (-5% pour les redressements judiciaires, mais +0% pour les liquidations judiciaires), les faillites augmentent de 8% pour les entreprises de plus de 100 salariés, de 7% pour celles de 1 à 5 salariés, et bondissent de 24% pour les sociétés de plus de 10 salariés du secteur commercial.
Signe positif des temps, les entreprises anticipent leurs difficultés, avec une hausse de 15% du recours aux procédures amiables (et même de 20% pour les conciliations). Une bonne nouvelle puisque les conciliations et les mandats ad hoc réussissent dans 73% et 66% des cas, contre 50% pour la sauvegarde et seulement 25% pour les redressements judiciaires. La sauvegarde s’avère ainsi plutôt efficace, mais reste peu utilisée, avec une ouverture de sauvegarde pour 12 redressements judiciaires, les entreprises prenant souvent conscience trop tard de leurs difficultés.
Après la crise de 2009, les entreprises n’ont pas effectué les ajustements nécessaires, tablant sur un rapide rebond de l’activité. L’UIMM constate que «la production de 2012 se situait toujours 10% en dessous des niveaux d’avant crise, alors que les effectifs n’avaient été réduits que de 5%». Pâtissant de cette surcapacité et d’une concurrence sur les prix plus sévère, les entreprises françaises ont vu leurs marges reculer. Au lieu de se concentrer sur leurs problèmes de trésorerie et de coûts, elles doivent s’adapter, notamment en se tournant vers l’international et en investissant dans l’innovation, expliquent les experts de Deloitte et d’Altares.
Quant aux problèmes de financement, les difficultés ne sont pas imputables qu’aux banques mais aussi aux délais de paiement: « Le crédit par les institutions financières pèse 175 milliards d’euros, contre 600 milliards pour le crédit inter-entreprises», rappelle Thierry Asmar, président du directoire d’Altares.
En outre, les financements adossés aux actifs ont bondi de 47% depuis le début de la crise. Alors que les entreprises n’ont ainsi plus de levier, les banques acceptent plus difficilement les reports d’échéance.
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