Les entreprises devront veiller à ne pas surpayer leurs acquisitions en 2009
La plupart des tendances observées sur les fusions- acquisitions (F&A) en 2008 «vont probablement perdurer en 2009». Selon une étude de McKinsey, le retournement économique va donc ouvrir la voie à des transactions géantes à même de remodeler des secteurs, à l’image de ce qui s’est déjà passé dans la finance. L’offensive de Pfizer sur Wyeth pour 68 milliards de dollars en est un bon exemple.
Parallèlement, le cabinet note que les périodes difficiles offrent souvent «de beaux actifs au sein de portefeuilles en difficulté contraints à des cessions».
Toutefois, les candidats devront veiller à ne pas surpayer leurs transactions. De fait, McKinsey attire l’attention sur un autre facteur digne d’intérêt, son Deal Value Added (DVA), un indicateur de création de valeur boursière qui mesure l’écart (hors variations de marchés) entre les cours constatés avant et après une transaction.
Historiquement, ce DVA chutait lors des phases d’euphorie sur les F&A (-5% en 2000) et reprenait des couleurs dans les périodes de vaches maigres. Or cette fois il a connu une évolution différente. D’un peu plus de 8% en 2005, il n’a que peu reculé lors de l’année record qu’a été 2007 pour les F&A (6,4%) et, encore plus curieusement, il a continué à se replier l’an passé à 2,8%, tombant même sous sa moyenne des dix dernières années (4%). Malgré la chute des valorisations, les F&A ont donc été beaucoup moins créatrices de valeur en 2008 que les années précédentes. Les chiffres détaillés sont encore moins à l’avantage des acquéreurs puisque selon McKinsey les 2,8% de valeur créée l’an passé se décomposent en +10,8% au bénéfice de la cible et -8% pour l’acquéreur. D’ailleurs, selon un autre indicateur, la proportion d’opérations surpayées a grimpé à 63% l’an passé contre 55% à 57% de 2004 à 2007.
Pourtant les valorisations offertes ont bien reculé. D’après Dealogic, le ratio VE/Ebitda moyen est passé de 12,4 en 2007 à 10,2 en 2008, tombant même à 8,7 sur le dernier trimestre. Mais cette baisse a été moins rapide que celle du marché. En témoignent les primes versées. Toujours selon Dealogic, elles sont passées de 24% au dernier trimestre 2007 à 31% au quatrième trimestre 2008. Et pour l’instant, rien ne laisse entrevoir de réelle détente. Les primes de début 2009 ont beau avoir baissé à 29%, elles restent bien supérieures à celles de 24% versées en moyenne de 2000 à 2008.
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