Les entreprises contrôlées par l’Etat ou par des fonds distribuent le plus de dividendes

Selon une étude de l’IFGE, le montant des dividendes versés par les entreprises cotées en France a été multiplié par 7 en vingt ans
Bruno de Roulhac
Selon une étude de l’IFGE, le montant des dividendes versés par les entreprises cotées en France a été multiplié par 7 en vingt ans. Photo: PHB
Selon une étude de l’IFGE, le montant des dividendes versés par les entreprises cotées en France a été multiplié par 7 en vingt ans. Photo: PHB  - 

Mieux vaut être actionnaire d’une grande entreprise contrôlée par l’Etat, par des salariés ou par des financiers pour espérer toucher un dividende élevé. Tel est le constat de l’étude de l’Institut français de gouvernement des entreprises (IFGE) publiée en partenariat avec l’institut de recherche MiddleNext. Sur vingt ans (1992-2011), l’échantillon retenu de 400 entreprises cotées françaises a versé plus de 550 milliards d’euros de dividendes.

Un montant annuel qui a été multiplié par 7 en vingt ans, et a atteint un sommet de 58 milliards d’euros en 2008, avant de retomber sur les niveaux d’avant la crise autour de 43 milliards. Pourtant, sur ces 20 années, le taux de distribution est resté globalement stable autour de 30%.

Comme l’ont constaté les stratégies dites de rendement, le secteur financier (banques, assurances, et services financiers) et celui des matières premières (dont pétrole et gaz) sont les plus généreux, contribuant respectivement à 19% et 16% des dividendes versés, alors qu’ils ne pèsent que 6% et 4,8% du PIB en 2010. Suivent les télécoms et technos (13% des montants distribués) et les services aux collectivités (12%).

Non seulement les entreprises dégageant plus de 7,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires versent 85% des dividendes, mais encore elles ont multiplié le dividende par cinq sur la période, tandis que celui versé par les PME a été divisé par cinq.

Autre élément discriminant, les plus grandes entreprises affichent un taux de distribution moyen de 36%, s’approchant même des 50% en 2010 et 2011, tandis que les PME ne distribuent que 24% en moyenne de leurs bénéfices et même moins de 10% ces dernières années de crise. «Ce résultat devra être mis en relation avec la levée de fonds pratiquée par les entreprises, relève l’étude. Plus celles-ci font appel au marché, plus elles doivent maintenir des dividendes élevés». De plus, les entreprises avec un actionnariat dispersé – souvent les plus grandes – ont versé 3 à 8 plus de fois de dividendes que les autres sociétés.

Surtout, l’étude met en lumière l’influence – active ou passive – du premier actionnaire sur la politique de distribution. Les entreprises publiques ou celles dont les salariés sont les premiers actionnaires sont les plus généreuses. En revanche, les dividendes versés par les entreprises familiales sont deux fois plus faibles que ceux versés par des sociétés contrôlées par des fonds.

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