Les entreprises cherchent la parade à la hausse des marges bancaires
Les tensions observées sur les marges bancaires devraient se poursuivre pour les entreprises. Ce point de vue émane des participants à une table ronde organisée vendredi par Premier Cercle, qui réunissait les directeurs financiers de plusieurs groupes français cotés. Face à la hausse des spreads, Pernod Ricard a rallongé au printemps dernier la maturité de sa dette financière, auparavant constituée essentiellement d’un crédit syndiqué à échéance 2013, en portant à 50% la part obligataire de son endettement brut. «Nous n’excluons pas d’augmenter encore cette proportion en utilisant les fenêtres favorables que pourra nous offrir le marché», déclare Gilles Bogaert, directeur financer du groupe de spiritueux.
Michel Delville, directeur financier d’Imerys, indique que près des trois quarts de la dette brute du groupe est constituée d’obligations dont les maturités principales s’étalent entre 2014 et 2017. Le reste repose essentiellement sur des facilités bancaires expirant en 2013. Le distributeur Casino a également procédé à deux émissions obligataires en mai et en septembre de cette année. Dans l’environnement actuel, son directeur financier Antoine Giscard d’Estaing souligne la nécessité de diversifier les contreparties bancaires. «En plus des effets liés à Bâle III, la hausse des coûts de liquidité bancaires sera répercutée sur les clients», pronostique celui-ci.
Bien qu’ils fassent preuve d’une vigilance accrue concernant le contrôle des cash-flows depuis la crise boursière qui s’est déclenchée cet été, les directeurs financiers interrogés privilégient la continuité en matière de politique actionnariale. «La hausse du cours de Bourse est plus importante que le dividende», relève Antoine Giscard d’Estaing, en insistant sur la nécessité de ne pas sacrifier les investissements en cas de ralentissement de la conjoncture, sous peine d’assister à une perte rapide de parts de marché.
Une opinion partagée par Imerys qui, au plus fort de la dernière crise financière en 2009, est resté fidèle à sa politique de distribution du dividende «correspondant à 35% du résultat net courant». Le groupe a préservé sa génération de trésorerie en baissant de 15% ses coûts fixes et en améliorant son BFR. Pernod Ricard, qui se définit comme une valeur de croissance, a en moyenne distribué aux actionnaires un tiers de ses bénéfices depuis dix ans, ce ratio atteignant 36% en 2011.
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