Les droits de vote double pèsent sur la performance des sociétés
Pour l’édition 2015 de son étude sur la gouvernance des grandes capitalisations européennes, Oddo Securities s’est penché sur l’impact des droits de vote double pour l’actionnaire minoritaire. Alors que la loi Florange ne concerne que 14 sociétés du CAC 40, le bureau d’analyse a regardé ses conséquences boursières et financières, sachant que d’autres pays européens disposent depuis bien longtemps de mécanismes similaires.
Oddo constate très peu de différence en termes de performance, de volatilité, et de dividende, quel que soit le régime des droits de vote. Seul le multiple prix sur fonds propres comptables ressort en moyenne sur les cinq dernières années à 3,3 fois pour les sociétés appliquant la règle «une action, une voix», contre 2,1 fois pour les autres.
En revanche, les résultats varient en fonction de la structure capitalistique. En termes de performance et de retour sur capitaux investis, les entreprises contrôlées et familiales respectant «une action, une voix» sous-performent nettement celles qui n’appliquent pas ce principe. Mais les sociétés non contrôlées créent davantage de valeur quand elles respectent la règle «une action, une voix». Aussi, «le passage aux droits de vote double pourrait légitimement soulever des interrogations à moyen-long terme chez les actionnaires minoritaires quant au couple rendement-risque de leurs investissements et la création de valeur actionnariale à long terme, en particulier chez Renault, Vivendi et Veolia», estime Nicolas Jacob, analyste ISR chez Oddo Securities. Les droits de vote double s’appliqueront pourtant bien chez Vivendi, bien que plus de 50% des actionnaires aient demandé le rétablissement du principe «une action, une voix».
Actuellement, «48% des valeurs en ‘opportunité forte’ sont des entreprises britanniques, ajoute Nicolas Jacob. Rien de très surprenant alors que la règle ‘une action, une voix’, est très largement majoritaire outre-Manche».
L’étude Oddo note 146 valeurs, dont un quart de sociétés françaises. Le score moyen, à 62,4 points, le meilleur depuis 2008, continue de s’améliorer, avec toujours en tête les valeurs non contrôlées (63,5), suivies des sociétés familiales (61,5), et des groupes contrôlés (59,9). Cette progression reflète les efforts des entreprises, notamment en termes de renouvellement des dirigeants, de renforcement des pratiques de contrôle interne, ou encore de politiques de rémunération long terme plus équilibrées.
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