Les dirigeants des utilities ont subi un meilleur traitement que leurs actionnaires
Les groupes d’énergie et de services aux collectivités ont payé un lourd tribut à la chute des marchés depuis 2007. Quelle que soit la période considérée, l’indice Stoxx des utilities européennes affiche une performance négative, toujours plus marquée que celle de l’indice global Stoxx 600. Et pourtant, dans le même temps, les rémunérations des dirigeants ont fortement progressé. Les analystes de Citigroup calculent ainsi que la rémunération globale du secteur (25 sociétés suivies) a augmenté de 20% depuis 2005 alors que le retour à l’actionnaire (hausse de l’action et dividende) est nul.
«Cela ne signifie pas que les niveaux de rémunération sont inappropriés ou trop élevés», indiquent les analystes de Citigroup. En revanche, leur étude conclut que les modes de calcul des rémunérations variables dans ce secteur ne sont ni adaptés à sa réalité économique ni corrélés avec l’intérêt des actionnaires. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) est ainsi utilisé par la moitié des utilities pour calculer la part variable du salaire, devant le résultat net (40%). En revanche, le bénéfice par action apparaît rarement dans les calculs, et encore moins le montant du dividende. Or, les analystes montrent que cette structure de rémunération peut influencer la stratégie: retenir l’Ebitda comme principale mesure de la performance et de la rémunération pousse les groupes à procéder à de plus grosses acquisitions, quitte à accroître la dette et à émettre de nouvelles actions.
GDF Suez a modifié en 2011 le calcul de la rémunération variable des dirigeants. L’Ebitda et le cash flow comptent toujours pour un tiers de l’objectif, mais le critère du résultat net et de l’endettement a été remplacé par celui du bénéfice par action et de la rentabilité des capitaux employés. Des critères un peu plus justes au moment où le groupe procède au rachat d’International Power.
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