Les difficultés grandissantes de Thomas Cook font capituler les investisseurs
Après trois avertissements sur ses résultats depuis un an, le report annoncé des comptes annuels de Thomas Cook témoigne des difficultés opérationnelles et financières grandissantes du deuxième voyagiste européen. Le groupe, qui avait limogé son directeur général en août, a prévenu que ses résultats à fin septembre, initialement attendus demain, ne seraient publiés qu’à l’issue de discussions portant sur une nouvelle ligne de crédit bancaire de 100 millions de livres (116 millions d’euros), un mois seulement après avoir signé une facilité d’un montant identique.
«Si l’entreprise reste actuellement en mesure de respecter ses covenants financiers, elle souhaite obtenir l’accord de ses banques créancières pour des ajustements qui amélioreront sa capacité de résistance», stipule le communiqué. Thomas Cook espère parvenir à une solution négociée dans un délai de 6 semaines avec ses banques, au premier rang desquelles figure la Bayerische Landesbank. Le pool bancaire avait déjà accepté en octobre d’assouplir les covenants s’appliquant à un crédit syndiqué revolving de 850 millions de livres et à un prêt à terme de 150 millions, tous deux à échéance mai 2014. Au 30 juin dernier, la dette nette du groupe s’élevait à 903 millions de livres.
Thomas Cook attend toujours un bénéfice d’exploitation annuel «globalement conforme» à ses dernières prévisions de juillet dernier qui tablaient sur un repli de 12% à 320 millions de livres. Il souligne des réservations en recul de 20% sur le marché français, pénalisé par les événements d’Afrique du Nord au printemps dernier, ainsi que les «mauvais débuts» de sa coentreprise Intourist en Russie. «Les concurrents vont vraisemblablement saisir l’occasion pour renforcer leur part de marché, d’où le risque d’une dangereuse spirale à la baisse pour les réservations», estime Wyn Ellis, analyste chez Numis Securities, en ajoutant que cette situation est «un message terriblement négatif adressé aux clients potentiels».
Pour leur part, les investisseurs n’ont pas laissé au groupe le bénéfice du doute. L’action, qui a chuté de 75% à 10,2 pence hier sur le marché londonien, a désormais perdu 95% de sa valeur depuis le début de l’année, avec une capitalisation boursière inférieure à 90 millions de livres.
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