Les difficultés en Europe poussent Vodafone à freiner son dividende

L’opérateur britannique ne redistribuera pas les 3,2 milliards de dollars de dividendes reçus de sa filiale américaine Verizon Wireless
Olivier Pinaud

L’heure n’est pas aux folies chez Vodafone. L’opérateur de télécoms britannique a décidé de ne pas redistribuer à ses actionnaires le dividende de 3,2 milliards de dollars qu’il s’apprête à percevoir de sa filiale américaine Verizon Wireless. Plutôt que de lancer un programme de rachats d’actions, comme il a pu le faire par le passé pour écouler le dividende de sa filiale, le groupe préfère conserver ces fonds pour financer d’éventuelles acquisitions de fréquences de téléphonie mobile et faire face à ses dépenses courantes notamment en Europe, où ses filiales italienne, espagnole, portugaise et grecque sont à la peine.

Son chiffre d’affaires en Europe du Sud a chuté de 11,6% lors du dernier exercice 2012-2013, clos fin mars. Rien qu’en Italie, la baisse atteint 12,8%. Une dégradation qui coûte à elle seule 0,5 point de marge opérationnelle à Vodafone. En cumulé, elle est passée de 31,2% à 29,9%, également pénalisée par 0,4 point de coûts de restructuration.

Conséquence, après la dépréciation de 5,9 milliards de livres passée au premier semestre de son exercice 2012-2013 pour tenir compte de la perte de valeur de ses activités espagnole et italienne, Vodafone a de nouveau déprécié sa filiale italienne au second semestre de 1,8 milliard de livres. Au total, le groupe a inscrit pour 7,7 milliards de livres (environ 9 milliards d’euros) de dépréciations d’actifs en une année, dont 4,5 milliards de livres rien que pour sa filiale italienne.

Dans ce contexte, et alors que Vodafone a redistribué 23 milliards de livres au total à ses actionnaires au cours des trois derniers exercices, l’opérateur promet de maintenir au moins le montant de son dividende ordinaire, au niveau actuel. Le consensus espérait une hausse d’environ 10% après l’amélioration de 7% du dernier exercice. La donne serait modifiée en cas de cession de sa part de 45% au capital de Verizon Wireless. Depuis quelques semaines, les rumeurs de discussions actives entre Vodafone et Verizon enflent. Mais les deux opérateurs, partenaires depuis 14 ans, peineraient à s’entendre sur le prix. Verizon offrirait 100 milliards de dollars, Vodafone en voudrait 20 de plus. Hier, Vittorio Colao, le directeur général de Vodafone, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire sur ce sujet.

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