Les difficultés en Europe poussent Vodafone à freiner son dividende
L’heure n’est pas aux folies chez Vodafone. L’opérateur de télécoms britannique a décidé de ne pas redistribuer à ses actionnaires le dividende de 3,2 milliards de dollars qu’il s’apprête à percevoir de sa filiale américaine Verizon Wireless. Plutôt que de lancer un programme de rachats d’actions, comme il a pu le faire par le passé pour écouler le dividende de sa filiale, le groupe préfère conserver ces fonds pour financer d’éventuelles acquisitions de fréquences de téléphonie mobile et faire face à ses dépenses courantes notamment en Europe, où ses filiales italienne, espagnole, portugaise et grecque sont à la peine.
Son chiffre d’affaires en Europe du Sud a chuté de 11,6% lors du dernier exercice 2012-2013, clos fin mars. Rien qu’en Italie, la baisse atteint 12,8%. Une dégradation qui coûte à elle seule 0,5 point de marge opérationnelle à Vodafone. En cumulé, elle est passée de 31,2% à 29,9%, également pénalisée par 0,4 point de coûts de restructuration.
Conséquence, après la dépréciation de 5,9 milliards de livres passée au premier semestre de son exercice 2012-2013 pour tenir compte de la perte de valeur de ses activités espagnole et italienne, Vodafone a de nouveau déprécié sa filiale italienne au second semestre de 1,8 milliard de livres. Au total, le groupe a inscrit pour 7,7 milliards de livres (environ 9 milliards d’euros) de dépréciations d’actifs en une année, dont 4,5 milliards de livres rien que pour sa filiale italienne.
Dans ce contexte, et alors que Vodafone a redistribué 23 milliards de livres au total à ses actionnaires au cours des trois derniers exercices, l’opérateur promet de maintenir au moins le montant de son dividende ordinaire, au niveau actuel. Le consensus espérait une hausse d’environ 10% après l’amélioration de 7% du dernier exercice. La donne serait modifiée en cas de cession de sa part de 45% au capital de Verizon Wireless. Depuis quelques semaines, les rumeurs de discussions actives entre Vodafone et Verizon enflent. Mais les deux opérateurs, partenaires depuis 14 ans, peineraient à s’entendre sur le prix. Verizon offrirait 100 milliards de dollars, Vodafone en voudrait 20 de plus. Hier, Vittorio Colao, le directeur général de Vodafone, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire sur ce sujet.
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