Les difficultés du géant Petrobras rejaillissent sur ses sous-traitants
L’affaire de corruption touchant Petrobras commence à affecter l’ensemble de la filière des hydrocarbures au Brésil. Après l’annonce fin mars par son partenaire portugais Galp de décalages d’au moins un an dans la livraison de navires de production, la société brésilienne de services pétroliers Schahin a fait savoir qu’elle allait temporairement cesser ses activités de forage sur cinq plates-formes louées à la compagnie pétrolière publique.
Sa filiale d’ingénierie Schahin Engenharia fait en effet partie de la vingtaine de sociétés qui n’ont désormais plus le droit de prendre part à des projets liés à Petrobras car soupçonnées d’avoir versé des pots-de-vin ayant permis de gonfler la valeur réelle des contrats.
Cette filiale est poursuivie par la banque HSBC suite au non-paiement de billets à ordre pour un montant équivalent à 52 millions d’euros. Selon Bloomberg qui citait hier des sources proches du dossier, Schahin chercherait à se placer dès cette semaine sous le régime brésilien de protection des faillites. La note de crédit du véhicule d’investissement Schahin II Finance avait été dégradée le mois dernier de «BB» à «B+» par l’agence S&P. Après avoir perdu près de 20% de leur valeur lundi, les titres obligataires à échéance 2022 émis par Schahin II Finance ont encore cédé 12% hier à 41,9 cents sur le dollar.
Petrobras devrait perdre au moins 14,3 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros) sur le chantier de sa raffinerie de Comperj, soit près de 12 fois les bénéfices attendus sur la durée de vie totale de l’installation, rapportait hier le quotidien O Globo en citant des documents transmis par le groupe à la Cour des comptes. Ces pertes incluent des investissements et des dépenses de maintenance irrécouvrables, précise le journal, ajoutant que la raffinerie fait partie des projets ayant donné lieu, selon la police et le parquet, à des surfacturations en partie orchestrées par des dirigeants de la compagnie publique.
Le procureur général du Brésil Luis Inacio Adams a de son côté stigmatisé le manque de concertation entre les différentes agences fédérales sur la façon d’appliquer la nouvelle loi anti-corruption. Cette loi permet au gouvernement de conclure des accords de clémence envers des entreprises ayant à la fois reconnu leurs infractions, réglé en totalité le montant des pénalités et coopéré avec les organismes chargés des mesures de mise en conformité.
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