Les difficultés de Gucci creusent la décote de Kering
Le défilé automne-hiver 2015-2016 de Gucci à Milan le 25 février prochain n’intéressera pas que les chroniqueurs de mode. Les mannequins présenteront la première collection dirigée par Alesandro Michele, le nouveau directeur artistique de Gucci, promu à ce poste après l’éviction fin 2014 de Frida Giannini. Or, sa nomination est censée redonner une nouvelle jeunesse à la griffe, dont la stratégie de montée en gamme l’a coupée d’une partie de ses clients si l’on en croit ses résultats financiers.
En 2014, le chiffre d’affaires de la principale marque de mode du groupe Kering a baissé de 1,1% en données comparables, pour tomber juste en dessous de 3,5 milliards d’euros. Entamée en début d’année, la récession de Gucci a ralenti au fil des mois, avec un rythme de 0,5% au dernier trimestre 2014, contre une chute de 5% au premier semestre. Mais compte tenu du poids de Gucci au sein de Kering – la marque représente à elle seule 60% du résultat d’exploitation du groupe de la famille Pinault, toute dégradation du chiffre d’affaires finit par se retrouver au niveau consolidé.
Malgré la bonne performance des marques Yves Saint Laurent (+37%) et Bottega Veneta (+8%), la chute de 6,7% en 2014 du résultat d’exploitation courant de Gucci a fait plier de 1,1% le résultat d’exploitation de la division luxe de Kering, quand celui de LVMH, la maison rivale, progressait de 3% en données organiques. Au bout du compte, en ajoutant les marques de lifestyle (Puma…), le bénéfice d’exploitation courant annuel de Kering n’a progressé que de 3%, à 1,66 milliard d’euros. En intégrant les effets de change, il a baissé de 5%. Le regard des investisseurs se focalise légitimement sur Gucci, «mais les autres griffes maintiennent une croissance de leur chiffre d’affaires et représentent désormais 48% des revenus de la division luxe de Kering et 37% de son résultat d’exploitation. Elles devraient assurer 55% environ de la croissance attendue du résultat d’exploitation pour la période 2014-2016», relativisent les analystes de Citi.
François-Henri Pinault, le PDG de Kering, espère que les effets de la relance de Gucci (nouveaux produits, communication plus cohérente, aménagement des magasins…) devraient se faire sentir à partir du second semestre 2015. En attendant, ses difficultés pèsent sur la valorisation de Kering, avec une décote d’environ 20% par rapport à son secteur en termes de ratio cours sur bénéfice.
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