Les difficultés de financement s’accroissent dans le transport maritime
Les vents contraires qui s’abattent sur le transport maritime devraient entraîner une augmentation des cas de restructuration financière ou de défaillance au sein du secteur, estime Standard & Poor’s dans une récente étude. Traditionnellement sensibles aux cycles économiques, les transporteurs maritimes enregistrent actuellement un revenu journalier de leurs navires inférieur de 30% à 80% à sa moyenne historique sur 10 ans. Les bénéfices du secteur, déjà malmenés par la hausse des coûts énergétiques, sont également affectés par une flotte en surcapacité. Cette tendance est encore plus marquée pour les porte-conteneurs et les vraquiers secs (voir graphique).
Commandés entre 2006 et la mi-2008, des navires de grande taille payés au prix fort ont en effet accru le décalage entre l’offre et la demande, une tendance qui devrait perdurer tout au long de l’année 2013, voire jusqu’en 2014 pour les porte-conteneurs. Sur ce segment, «les grands opérateurs devront gérer de façon stricte leur politique de prix et l’utilisation de leur flotte pour maintenir l’industrie au-dessus du seuil de rentabilité», estime l’agence. Elle ajoute que le taux de fret des porte-conteneurs devrait encore reculer sur les routes maritimes reliant l’Asie et l’Europe. La valeur des navires de moins de 5 ans, qui affiche à l’heure actuelle une décote de 25% à 40% sur la moyenne des 10 dernières années, a donc peu de chances de se redresser.
De surcroît, les conditions et le coût d’accès au crédit se sont durcis pour les transporteurs maritimes, confrontés à la frilosité de banques européennes auparavant très présentes sur ce marché. Si la Société Générale a transféré à l’été 2012 l’essentiel de son portefeuille de créances maritimes à Citibank, Commerzbank, à la tête de 15 milliards d’euros de créances dans ce secteur, a totalement cessé de financer celui-ci.
«Les sociétés en difficulté peineront sans doute à obtenir un rééchelonnement de leur dette ou un financement pour leur exploitation courante», souligne l’étude. Le danois Torm ou l’américain Eagle Bulk Shipping ont déjà dû procéder l’an dernier à une restructuration forcée de leur dette pour éviter la faillite. Alors que les donneurs d’ordres sont souvent des géants pétroliers sur le segment des tankers, les opérateurs spécialisés dans le vrac sec semblent davantage exposés à une baisse de leur qualité de crédit, en raison d’une plus grande fragilité de leur clientèle.
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