Les dépréciations d’actifs devraient se poursuivre dans le secteur minier
Le nettoyage de bilan annoncé la semaine dernière par Rio Tinto sera loin d’être un phénomène isolé au sein du secteur minier, particulièrement dans l’aluminium. Cette activité concentre les trois quarts des 14 milliards de dollars de survaleurs qui seront dépréciées par le groupe anglo-australien sur l’exercice 2012 et elle représente 85% des 34 milliards de dollars dépréciés depuis le rachat du canadien Alcan en 2007.
Si les dépréciations cumulées de son concurrent BHP Billiton ont été 4 fois moins importantes sur la période, celui-ci pourrait déprécier «2 à 3 milliards de dollars d’actifs dans l’aluminium en 2012», selon Goldman Sachs. Cette charge s’ajouterait à la dépréciation de 2,5 milliards de dollars passée dans les comptes du premier semestre, liée à la baisse de valeur de ses activités dans le nickel et les gaz de schiste aux Etats-Unis.
Anglo-American, qui a déjà annoncé une dépréciation de 750 millions de dollars dans le platine, devrait être davantage affecté par les déboires de sa mine de fer Minas-Rio au Brésil, dans laquelle il a déjà investi près de 10 milliards de dollars et qui ne devrait pas être mise en exploitation avant 2015. Cela pourrait donner lieu à une dépréciation supplémentaire de 6 milliards sur l’exercice 2012.
Quant à Vale, il a déjà déprécié 2,8 milliards de dollars dans le nickel au Brésil et 1,3 milliard dans l’aluminium. Sur ce marché, «la mauvaise orientation des prix et les excédents de stocks pourraient continuer durant les deux prochaines années, ce qui pèsera sur la rentabilité des producteurs», pronostique Fitch. La rationalisation des capacités de production des géants mondiaux se heurte à la volonté de la Chine de conserver ses producteurs locaux pour ne pas être trop dépendante des marchés étrangers.
Ce retour à la réalité va vraisemblablement conduire les grands producteurs de métaux de base à remettre en cause une stratégie de croissance externe souvent destructrice de valeur au cours des 5 dernières années. Compte tenu de leur ratio d’endettement peu élevé, Rio Tinto ou BHP Billiton disposent d’une plus grande flexibilité pour mieux rémunérer leurs actionnaires, à travers un dividende spécial ou des rachats d’actions. Chez Rio Tinto, «le montant distribuable aux actionnaires pourrait dépasser 3 milliards de dollars», selon les calculs des analystes d’Exane BNP Paribas.
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