Les délocalisations de directeurs généraux devraient se poursuivre
Les directions générales des fleurons de l’industrie française risquent-elles de se délocaliser? Si la confirmation cette semaine par Schneider Electric du déménagement de deux membres de son comité exécutif (les directeurs généraux Ressources humaines et Stratégie) à Hong Kong a suscité l’inquiétude des syndicats, elle soulève également des interrogations sur une bonne gouvernance. D’autant que le président du directoire, Jean-Pascal Tricoire, installe également, à titre privé, sa famille à Hong Kong.
«Ce choix d’optimisation correspond à une orientation stratégique du groupe, ce n’est apparemment pas un exil juridique ou fiscal, auquel nous serions opposés s’il se fondait sur de seules économies de court terme sans justification opérationnelle », confie Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest. «Cette décision opérationnelle ne suscite aucune inquiétude en termes de gouvernance, en l’absence de délocalisation des centres de décision, estime un expert de la gouvernance. Au contraire, ce mouvement a du sens, au regard du poids de l’Asie dans le chiffre d’affaires de Schneider Electric».
En effet, le groupe explique ce déménagement provisoire «dans le cadre d’un projet de soutien à la croissance asiatique […] afin d’accompagner la constitution d’un pôle managérial en Asie». Ainsi, sur les 14 membres du comité exécutif, cinq seront basés en Europe, cinq en Amérique et quatre en Asie. Un équilibre plus conforme au poids de l’Asie-Pacifique (26%) dans le chiffre d’affaires du premier semestre, devant les Amériques (23%) et derrière l’Europe (33%).
Cette tendance n’est pas nouvelle. En mai 2010, PSA avait également réorganisé sa direction générale, en envoyant l’un des cinq membres du directoire et patron de l’Asie, Grégoire Olivier, à Shanghai.
«Du point de vue des actionnaires, cette délocalisation partielle ne doit pas être dramatisée! Tout déménagement a quelque chose de pionnier et permet de se reposer les bonnes questions, poursuit Pierre-Henri Leroy. D’ailleurs, ce mouvement devrait être suivi par d’autres groupes». En revanche, «notre opinion serait bien différente en cas de transfert du siège social ou avec l’arrivée massive d’administrateurs chinois et asiatiques au conseil de Schneider», ajoute ce spécialiste de la gouvernance. Sur les treize membres du conseil de surveillance de Schneider, cinq sont étrangers, dont aucun chinois.
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