Les défaillances moins nombreuses en Allemagne coûtent plus cher qu’en France
Si l’Allemagne affiche un nombre de défaillances d’entreprises inférieur de 40% à celui de la France, le coût moyen d’une défaillance est bien plus important de l’autre côté du Rhin. C’est l’un des principaux constats de l’analyse comparative que vient de publier la Coface.
L’assureur-crédit note que le plus grand nombre de défaillances en France (50.485 cas en 2011 selon l’Insee, contre 30.099 pour l’Allemagne) «n’est pas compensé par un stock d’entreprises plus important», d’où un taux de défaillance de 0,78% outre-Rhin contre 1,43% dans l’Hexagone.
Cet écart de taux est d’autant plus significatif qu’il reflète une nette tendance baissière entamée depuis dix ans en Allemagne, puisque les défaillances représentaient dans ce pays 1,6% du total des entreprises non-financières en 2002, un niveau alors sensiblement égal à la France.
Cette performance supérieure tient à la solidité du tissu entrepreneurial allemand, qui a permis aux sociétés de mieux résister à la crise en limitant le recours à l’endettement. Elle est également liée à une approche différente du droit des faillites. Alors que la France privilégie en effet la survie de l’entreprise dans un objectif de sauvegarde de l’emploi, en Allemagne «le régime juridique reste favorable aux créanciers, ce qui a pu contribuer à une gestion plus prudente de l’entreprise». Mis en place en mars dernier, l’amendement ESUG, qui incite à restructurer l’entreprise allemande plutôt qu’à la liquider, devrait encourager le débiteur à intervenir plus en amont auprès du tribunal pour entamer la procédure d’insolvabilité.
La taille moyenne plus importante des entreprises allemandes contribue en revanche à renchérir le coût des défaillances qui a atteint 20 milliards d’euros l’an dernier outre-Rhin contre 14,3 milliards en France. Depuis 2006, le coût moyen d’une défaillance s’élève ainsi à 700.000 euros constants contre 200.000 dans l’Hexagone. L’écart est cependant moins marqué en pourcentage du PIB (respectivement 1,1% contre 0,8%).
Comme l’évolution des défaillances en Allemagne est fortement corrélée à celle des exportations et des investissements, le ralentissement en cours du commerce mondial pourrait provoquer à terme leur retournement à la hausse. Pour l’ensemble de 2012, la Coface attend toujours un repli de 2,3% des défaillances allemandes contre une simple stabilité en France.
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