Les défaillances d’entreprises diminuent mais les créations d’emplois chutent
Le recul des défaillances d’entreprises en France au premier semestre ne doit pas faire illusion. Selon Coface, le nombre de faillites a reculé de 3,5% à 32.665, dans la continuité de la tendance baissière engagée en 2010. «Si cette décélération continue, le risque est cependant de se maintenir sur un plateau, 20% au-dessus d’un niveau d’avant-crise», explique à L’Agefi Jean-Yves Bajon, directeur général de Coface Services. Sur l’ensemble de l’année, «nous tablons sur près de 60.000 défaillances contre 62.400 en 2010, un niveau qui reste encore loin des 50.000 de 2006», confie Jean-Yves Bajon.
D’autant que les créations d’emplois chutent de près de 20% sur le semestre. Une baisse constatée dans tous les secteurs, alors que ces créations progressaient de 13% à la fin du premier semestre 2010. La tendance actuelle confirme et accentue celle du second semestre 2010 où la baisse atteignait déjà 5%. «Désormais il est clair que le phénomène n’est pas ponctuel. La stagnation de l’économie française risque de limiter encore le rythme des créations », poursuit Jean-Yves Bajon. Cette baisse s’explique notamment par un recul de 21% des créations d’entreprise (-25% pour les entreprises individuelles, et -10% pour les sociétés commerciales).
En attendant, la plupart des secteurs bénéficie de cette amélioration sur le front des défaillances, hormis cinq métiers enregistrant une progression des faillites, notamment les moyens de transport (+9%), l’agroalimentaire (+7%) et la distribution (+5%).
Du côté de l’emploi, l’impact est moins défavorable. En moyenne, la défaillance d’une entreprise menace 3,3 emplois fin juin 2011, contre 3,5 postes fin 2010.
Parallèlement, les fournisseurs pâtissent moins de la faillite de leurs clients. Le coût des défaillances recule de 11% sur l’ensemble du premier semestre à 2 milliards d’euros. Au sein du bilan des entreprises défaillantes, le poids relatif de la dette bancaire progresse, passant de 16% du passif en fin d’année dernière à 16,8% à la fin du premier semestre de cette année, tandis que la part de la dette fournisseurs diminue, passant de 28,4% du passif fin 2010, à 26,5% fin juin 2011. Cette dernière amélioration s’explique « par une plus grande prudence des entreprises, et peut être également par les réductions des délais de paiement bien que ce point soit plus difficilement quantifiable», conclut Jean-Yves Bajon.
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