Les créanciers obligataires de Novasep prennent le contrôle du capital
Incapable de payer l’intégralité du coupon de sa dette en juin dernier, Novasep a trouvé une solution avec ses créanciers pour échapper à un défaut total. Négocié sous l'égide de l’Etat via le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), l’accord devrait être officialisé dans le courant de cette semaine mais ses grandes lignes sont connues. Les créanciers obligataires, qui avaient souscrit en décembre 2009 à une émission à haut rendement de 370 millions d’euros, vont transformer les deux tiers de leurs titres en actions. Les fonds Tennenbaum, Pimco et Silver Point, à la tête de 220 millions d’euros de dette obligataire à eux seuls, deviendront ainsi les actionnaires majoritaires de cette PME lorraine spécialisée dans les principes actifs pharmaceutiques.
Le fonds d’investissement néerlandais Gilde, qui détenait 46% du capital de Novasep depuis le LBO de 2007, quittera le capital en échange d’un dédommagement de 9 millions d’euros, selon Les Echos. Azulis Capital (ex-Banexi Capital Partners) et BNP Paribas Développement, qui s’étaient associés à Gilde dans le LBO, avec 26% du capital détenus à parité, devraient également voir leur participation fortement diluée. Tout comme les dirigeants de Novasep, qui détenaient un peu plus de 28% des intérêts.
A la suite de cet accord, la dette de Novasep va être réduite à 150 millions d’euros contre 400 millions d’euros auparavant. Les charges d’intérêt seront ramenées à 12 millions d’euros, à un niveau nettement plus supportable que les 40 millions dont devait s’acquitter la société face à un excédent brut d’exploitation (ebitda) estimé à 50 millions d’euros pour 2011.
Parallèlement à cette restructuration, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) injectera 30 millions d’euros au capital de Novasep afin de relancer son développement. Les modalités d’intervention du FSI (fonds propres, dette mezzanine…) ne sont pas communiquées. Le fonds ne souhaite faire aucun commentaire supplémentaire.
Les obligations à haut rendement avaient été émises afin de refinancer la dette bancaire contractée en 2007 lors de l’acquisition en LBO de Novasep par Gilde, Azulis Capital et BNP Paribas Développement. La PME avait été reprise pour une valeur d’entreprise de 425 millions d’euros.
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