Les coopératives agricoles se donnent de la flexibilité financière
Les grandes coopératives agricoles françaises se donnent les moyens de rivaliser sur la scène internationale. En accueillant le Crédit Agricole à son capital, le spécialiste des semences et des produits céréaliers Limagrain fait entrer un deuxième acteur financier dans son tour de table, après le Fonds stratégique d’investissement en 2010. La banque verte a pris environ 5,6% du capital de Groupe Limagrain Holding (GLH), l’entité qui chapeaute les activités de la coopérative, à travers trois structures: sa filiale de private equity Sodica, la caisse régionale de Centre France, et LCL. A 70 millions d’euros, le ticket d’entrée valorise les fonds propres de Limagrain autour de 1,25 milliard.
La croissance de la valeur du semencier est sensible. En 2010, le FSI avait investi 150 millions d’euros pour moitié en actions GLH et pour moitié en obligations remboursables en actions Vilmorin, la filiale cotée du groupe, afin de permettre à Limagrain de participer à l’augmentation de capital de cette dernière. La transaction valorisait alors la coopérative auvergnate autour de 500 millions d’euros hors dette, selon des données non publiques. Depuis, le groupe a avalé le pâtissier industriel Brossard. Avec l’entrée du Crédit Agricole au capital, le FSI voit sa part de 14% environ ramenée à 13%.
Les besoins de Vilmorin expliquent cette fois encore une partie de cette levée de fonds. Le quatrième semencier mondial investit dans des centres de recherche afin de développer ses propres maïs OGM, pour lesquels il verse aujourd’hui des royalties à Monsanto. L’autre objectif du groupe est de faire croître son pôle de boulangerie-pâtisserie industrielle à l’international, notamment au Brésil et aux Etats-Unis.
Limagrain, comme ses pairs, doit concilier des projets de plus en plus gourmands en capitaux avec un statut et une gouvernance coopérative. Le premier groupe sucrier français Tereos a ainsi poussé loin la logique en cotant au Brésil mi-2010 sa filiale Tereos Internacional, qui coiffe ses activités dans les céréales et la canne à sucre. Le betteravier s’attache aussi à diversifier son financement. Il a émis 500 millions d’euros de dette obligataire à 7 ans en mars dernier après avoir renégocié ses emprunts bancaires.
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