Les constructeurs automobiles relancent avec prudence leur production
Certains constructeurs automobiles commencent à relancer leur production dans plusieurs de leurs usines en Europe, dont l’activité est suspendue depuis mi-mars dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Et ce, sans forcément attendre la fin officielle du confinement, à partir de laquelle certains commerces, lieux publics et entreprises peuvent rouvrir leurs portes. Tous les constructeurs assurent relancer cette reprise de manière progressive, avec un luxe de précautions pour garantir la sécurité sanitaire des salariés : équipes restreintes, modification des processus de production afin d’augmenter l’espace entre les employés, et formation ad hoc.
Recul prévu de 20% des immatriculations cette année en France
Il y a urgence : début avril, pour l’Hexagone, le CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles) anticipait un repli de 20% des immatriculations neuves sur l’année 2020. Elles ont plongé de 72% en mars, et de 55% dans l’Union européenne, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea).
Le constructeur français Renault a ainsi annoncé, mercredi, l’amorce de la relance de sa production en France. Il l’avait interrompue depuis le 16 mars dernier, lorsque le gouvernement avait annoncé la fermeture des commerces «non essentiels». Il devance donc la date officielle du «déconfinement», prévue pour l’instant pour le 11 mai.
«La reprise va se faire de manière extrêmement progressive, avec des effectifs limités», afin de pouvoir vérifier la bonne application du protocole sanitaire, a rassuré mercredi le directeur des ressources humaines de Renault, Tristan Lormeau, lors d’une conférence téléphonique. Trois usines du groupe, Cléon (Seine-Maritime) qui fabrique des moteurs, Le Mans (Sarthe) qui produit des châssis, et Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) qui fournit en pièces détachées de réemploi, ont déjà entamé une reprise cette semaine. La semaine prochaine, l’usine de Flins (Yvelines) qui assemble notamment la citadine électrique Zoe, réouvrira à son tour, suivie par les autres sites «jusqu'à début mai», a précisé Patrice Haettel directeur industriel du groupe pour la France, cité par l’AFP.
Consultation de la médecine du travail et des syndicats
Prudent, il a souligné que cette reprise intervenait après plusieurs semaines de préparation avec la médecine du travail pour définir ce protocole, et avec les organisations syndicales. Les usines doivent redémarrer «avec 25% des salariés sur place», formés aux gestes barrière, indique Franck Daoût, délégué CFDT. Mais la reprise ne fait pas l’unanimité. L’usine de Flins sortira, dans un premier temps, «seulement 50 voitures dans la journée», déplore la CGT.
Dans d’autres usines en Europe, des constructeurs relancent aussi, peu à peu, leur activité. Le constructeur de camions Traton, filiale de l’allemand Volkswagen, a annoncé, lui aussi, mercredi que la relance de la production de ses différentes marques allait redémarrer. Il s’attend déjà à un net recul de ses résultats 2020, en baisse de 10,9%, à 5,7 milliards d’euros, pour le premier trimestre. Vehicles & Services fera un test de redémarrage de la production en Suède et aux Pays-Bas pendant deux jours, et les sites en France et au Brésil reprendront leur activité une semaine plus tard, a indiqué la société. Lundi prochain, la production de Man Truck & Bus sera relancée, ainsi que celle de Volkswagen Caminhoes e Onibus au Brésil. Enfin, l’'usine VWCO de Queretaro, au Mexique, rouvrira le 4 mai.
En Italie, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) prévoit de redémarrer lundi prochain son usine de Sevel (centre de l’Italie), une semaine avant le début de la levée progressive par le gouvernement des mesures de confinement, prévu le 4 mai. Pour ce faire, le constructeur automobile compte s’appuyer sur une dérogation qui permet aux entreprises dont l’activité est jugée «essentielle» de reprendre leurs activités, ont précisé les syndicats du groupe dans un communiqué.
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